Assurément, les célébrations liées au centenaire de la Première Guerre mondiale* comme celles liées à la fin de la Seconde Guerre mondiale** ont été un catalyseur pour la mise en valeur par le numérique des archives de l’époque. La digitalisation du patrimoine historique a cela de bon qu’elle donne un accès universel à des documents parfois enterrés un temps dans des salles peu fréquentées. Sur Internet, la visibilité est démultipliée et, surtout, cela permet d’atteindre des populations jeunes, parfois par des scenarii originaux. En témoigne le succès sur Facebook du poilu fictif, Léon Vivien. Plus encore, l’historiographie s’en trouve revisitée via la démarche collaborative d’un grand nombre de sites Web. Les corpus ne sont plus seulement écrits pour les internautes, mais également par eux ! C’est également vrai pour les histoires d’entreprise, comme celle de Saint-Gobain, dont l’exposition virtuelle des 350 ans est enrichie en permanence par les témoignages des internautes. Valoriser les archives avec le numérique, c’est aussi comme l’a montré SAM Network pour Sciences-Po savoir les mettre en scène. Sans compter le rôle essentiel d’une bonne indexation qui augmente leur accessibilité.
* http://centenaire.org/fr ou **www.institutnational-audiovisuel.fr/actualites/webzine/ commemorations-fin-deuxieme-guerre- mondiale.html
Léon, le Poilu aux 60 000 fans
700 Documents pour Saint-Gobain
Reconstitution de la manufacture
Toutes les technologies disponibles ont été mises à profit : le streaming pour partager 170 séquences audiovisuelles pour la plupart inédites, la 3D pour reconstituer la manufacture de Saint-Gobain en fonctionnement en 1785, et la plate-forme contributive pour recueillir les documents et témoignages des internautes sur l’histoire de l’entreprise. La Manufacture des Glaces présente 12 scènes illustrant la fabrication des glaces et la vie quotidienne dans le petit village de Saint-Gobain en Picardie. Les équipes des archives de la Compagnie ont croisé des plans et des dessins de la manufacture d’alors, des planches de l’encyclopédie, les mémoires du directeur de l’époque et des archives de l’établissement. Les outils ont pu être reconstitués au centimètre près grâce à un inventaire des plans et cotes, réalisé en 1800 et corroboré par les documents du XVIIIe siècle. « Pour reconstituer la manufacture, nous avons effectué un relevé satellite de terrain, puis un repérage sur site, car il reste des bâtiments encore en place et, enfin, un travail sur des illustrations de l’époque », raconte Vincent Roirand, PDG de la société Mazedia qui a conçu le dispositif numérique de l’exposition. La technique 3D utilisée s’appuie sur une navigation 360° afin de maximiser la compatibilité avec les ordinateurs même assez anciens. Des décors et des accessoires 3D ont été mêlés à des tournages vidéo en studio avec une dizaine de comédiens dont certains sont dupliqués dans les scènes.
Sciences-Po poste 650 vidéos
* Début mai, il y avait 650 séquences vidéo sur la chaîne Sciences-Po et 40 000 toutes chaînes confondues.