Les événements qui rassemblent étudiants et jeunes professionnels du numérique, à l’image du Master Dev France du mois de mars, sont des occasions rêvées pour les recruteurs. Mais parmi les allées des salons, le secteur public peine encore à attirer l’attention dans cette « guerre des talents » de la tech. Pour attirer et fidéliser, il mise sur son utilité sociale, des parcours de carrière flexibles et des projets technologiques à la pointe.
« C’est grâce au secteur privé qu’on arrive à développer des solutions efficaces, grâce à des moyens assez conséquents. Je veux lier l’utile à l’agréable et développer des solutions pratiques pour tous. » Le témoignage d’Elias, étudiant, croisé dans les allées du Master Dev France, fait écho à de nombreux autres. Chaque année, étudiants, chercheurs d’emploi et professionnels du numérique se croisent à l’occasion des nombreux salons de l’écosystème. Et comme sur d’autres événements, la rencontre organisée en mars par Docaposte, la filiale numérique du groupe La Poste, a été l’occasion de mesurer que le secteur public peine à s’imposer dans le cœur des candidats aux postes de développeurs. Ces derniers se projettent ainsi le plus souvent vers des emplois au sein de grandes entreprises privées, réputées pour leurs investissements dans de médiatiques projets technologiques. Le secteur public est lui peu ou pas représenté parmi les exposants et les intervenants.
Malgré le rôle essentiel du numérique dans l’administration, le service aux citoyens et les missions d’utilité publique, les acteurs du secteur peinent en effet à rivaliser avec le secteur privé pour attirer les jeunes talents. Que cherchent les jeunes sortant d’écoles de développeurs ? Les mêmes raisons reviennent en boucle : des projets innovants, une rémunération attractive et une vision de carrière déjà tracée. « Il y a pas mal de projets intéressants qu’on ne va pas forcément faire dans le public », croit savoir Nicolas, un étudiant. Pourtant, les recruteurs en poste dans le secteur restent confiants sur son attractivité et laissent entendre qu’ils ne manquent pas d’atouts.
Le secteur public parie sur l’attractivité de l’utilité sociale
Pour Olivier Lafosse, qui dirige la direction de l’informatique décisionnelle et des données de la Cnam (Caisse nationale de l’assurance maladie), le secteur public attire « les gens [qui] cherchent à avoir du sens et être eux-mêmes porteurs de sens » dans leur vie professionnelle. Ainsi, l’intérêt des candidats pour les métiers du secteur public réside souvent dans leur impact direct sur la société. « Les missions sont d’ordre public, elles ont du sens pour les concitoyens, elles sont utiles pour tous », abonde Herbert Nyembo, responsable système d’information décisionnel et applicatifs big data au sein de l’Urssaf Caisse Nationale.
Offrir des opportunités d’évolution
Mais la valeur sociale ne fait pas tout. Olivier Vallet, PDG de Docaposte, souligne que « les projets doivent être à la pointe de la technologie, et les entreprises publiques doivent offrir des opportunités d’évolution dans des environnements technologiques avancés ». Il ajoute que la priorité est aujourd’hui de développer une approche numérique de confiance et souveraine, ce qui nécessite des talents spécialisés. Un point qui peut également séduire en retour. Pour Olivier Lafosse, un autre sujet crucial pour attirer les jeunes dans le secteur public est la possibilité d’y faire une carrière qui s’adapte aux futures évolutions de vie du candidat. « Les parcours dans le public ne sont pas figés, vous pouvez commencer comme développeur et finir directeur d’administration centrale ! », explique-t-il. L’accompagnement à la mobilité interne proposé par de plus en plus d’organisations publiques est donc un atout supplémentaire pour toucher des jeunes talents en quête de nouveaux défis professionnels.