Dans son rapport annuel, cybermalveillance.gouv.fr met en lumière une recrudescence des menaces cyber en 2024. Zoom sur les fuites de données massives, tendances 2024 et stratégie à venir.
Hameçonnage, piratage, fuites de données massives… La cybercriminalité a franchi un nouveau cap en 2024. Avec plus de 420 000 demandes s’assistance, soit une hausse de 49,9 %, Cybermalveillance.gouv.fr tire la sonnette d’alarme. “Le cadre géopolitique et les Jeux olympiques à Paris ont rendu cette année particulière. On s’attendait à ce que les jeux agissent comme un catalyseur de menace, ce qui explique le pic de visiteurs sur la plateforme”, introduit Vincent Strubel, directeur général de l’Anssi. Si les attaques sont plus nombreuses, plus ciblées et plus sophistiquées, l’hameçonnage reste tout de même, la menace dominante, avec 64 000 demandes d’assistance. Toutefois, l’année 2024 a été marquée par des fuites massives de données personnelles touchant plusieurs organisations (France Travail, Free, Fédération Française de Football, etc.). “La fuite de données issues de Free en fin d’année dernière, a permis l’élaboration d’une arnaque basée sur un faux service vidéo Amazon”, relève Jérôme Notin, directeur général de l’Anssi. Ces violations inquiètent, car elles facilitent le piratage de comptes et l’usurpation d’identité. Les demandes d’aide à ce sujet ont bondi de 82 %. Contrairement aux rançogiciels, bien que toujours préoccupantes pour les collectivités et entreprises, connaissent une baisse et atteignent leur niveau le plus bas en quatre ans.
De nouvelles cibles, des escroqueries plus diversifiées
Les cybercriminels diversifient leurs approches. La sextorsion cible de plus en plus les jeunes, et les demandes d’assistance pour ce type de menace ont été multipliées par dix. Le cyberharcèlement connaît aussi une hausse marquée (+31 %), impactant désormais les collectivités (+533 %) et les entreprises (+566 %). “Les chiffres sont encore faibles, mais on souligne les tendances. Le harcèlement, auparavant individuel et personnel, touche maintenant des administrations et des entreprises, c’est une tendance inquiétante qui évolue rapidemment”, explique le directeur général de l’Anssi. Les fraudes au virement (+18 %) se répandent également, facilitées par le piratage de comptes (+55 %), notamment de boîtes mail. De manière plus globale, la cyberdélinquance évolue en multipliant les arnaques en ligne, rendant la protection des citoyens et entreprises toujours plus complexe.
Un enjeu sociétal majeur
Face à cette expansion des cybermenaces, la sensibilisation devient un impératif. Cybermalveillance.gouv.fr a intensifié ses efforts avec de nouvelles initiatives, comme le programme SensCyber, l’opération Cactus auprès des jeunes et le guichet unique 17Cyber, lancé avec le ministère de l’Intérieur. Le problème ? “C’est bien d’avoir un outil pour accompagner au sujet des cyberattaques. Mais encore faut-il que nos concitoyens le connaissent”, ironise Vincent Struble, directeur général de l’Anssi. La visibilité est donc devenue l’enjeu principal du GYP ACYMA, avec un objectif précis : faire du 17cyber la marque représentante des parcours d’assistances cyber. Jérôme Notin n’évince pas la possibilité de faire mourir cybermalveillance.gouv.fr, au profit de cette nouvelle plateforme. Alors que les cyberattaques se diversifient et se professionnalisent, l’année 2024 rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée entre les acteurs publics et privés pour contrer cette menace croissante.