Insertion

AdaConnect 2026 : la fonction publique face à la féminisation du numérique 

Les agentes de la fonction publique en reconversion vers le numérique se sont réunies le 12 mars au ministère de la Transformation et de la Fonction publiques, lors de l’AdaConnect 2026.

Publié le 12 mars

Lecture 3 min.

Les membres et les alumnis du programme ADA se sont réunis pour la première fois ce jeudi 12 mars 2026. 

Les membres et les alumnis du programme ADA se sont réunis pour la première fois ce jeudi 12 mars 2026. 

Aude Brès / Alliancy

Margaret Hamilton, Alice Recoque, Joan Clarke… Les murs du ministère de la Transformation et de la Fonction publiques ont fleuri d’affiches de pionnières dans la tech. La première édition de cet l’AdaConnect a réuni les agentes de la fonction publique ce 12 mars 2026 dans le but de rassembler les membres et les alumni des programmes « ADA » et « Talents féminins du numérique ». La journée s’inscrit dans la stratégie RH de l’État pour diversifier ses profils numériques. « Nous attendions d’avoir atteint une taille critique pour l’organiser », explique Stéphanie Dubois, cheffe du pôle mobilité et parcours du numérique à la Direction interministérielle du numérique (DINUM). La fonction publique, à l’instar du privé, comptabilise en effet seulement 25% de femmes travaillant dans le numérique. « Un chiffre qui diminue lorsqu’on regarde les statistiques sur les métiers techniques, elles sont alors moins de 15% », commente Jérémie Vallet, adjoint à la directrice interministérielle du numérique.  

Jérémie Vallet, dans son rôle d’adjoint, remplace la directrice interministérielle du numérique Stéphanie Schaer pour la plénière d’ouverture.

Jérémie Vallet, dans son rôle d’adjoint, remplace la directrice interministérielle du numérique Stéphanie Schaer pour la plénière d’ouverture.

Aude Brès / Alliancy

Se réunir ... 

Pour remédier à ce manque de parité, la fonction publique propose un accès à des CDI, avec une grille salariale équitable, mais aussi à des réseaux de soutien comme le programme ADA. Né il y a trois ans, il accompagne les femmes exprimant le besoin de faire un changement professionnel. Il a notamment inspiré une nouvelle initiative : le programme Élan. Celui-ci est mixte, contrairement à l’ADA qui est un réseau entièrement féminin. L’AdaConnect 2026 était l’occasion, non seulement d’annoncer cette récente opportunité mais aussi d’institutionnaliser cet écosystème, les prises de contact étant jusqu’ici informelles. 

... et se confier  

Les 60 invitées ont bénéficié d’un moment networking et de discussions sur les enjeux de féminisation. Cette safe space a permis à certaines de livrer des témoignages touchants : « J’ai souvent eu envie d’abandonner à cause de l’environnement toxique et du sexisme qui renforcent le syndrome de l’imposteur », a confié l’une d’elles. Cet enjeu du syndrome de l’imposteur a été longuement abordé. Là où certaines femmes réclamaient qu’une validation des acquis de l’expérience (VAE) soient ajoutées au programme ADA pour assurer leur expertise, celles passées par cette étape nuançaient cette solution. « Ça m’a vraiment ouvert des portes mais avec l’arrivée de l’IA, je ne suis plus sûre que mes compétences soient à jour », a raconté Marie Cornesse. 

Lutter contre le syndrome de l’imposteur 

Le dilemme persiste donc. « Le sentiment d’illégitimité doit être ignoré », a conseillé une autre agente. Un conseil bien plus facile à appliquer une fois adulte qu’adolescent. C’est pourtant dès l’enfance qu’il faut intervenir pour inspirer les plus jeunes à se projeter dans des carrières numériques. Le programme Tech pour Toutes, représenté lors de l’évènement, agit par exemple sur le manque de représentation et de soutien en proposant du mentoring. L’objectif : accompagner 20 000 jeunes filles vers un premier emploi dans le numérique d’ici 2030. Les alumni de l’ADA sont évidemment fortement incitées à devenir mentor à leur tour. Une logique vertueuse, où l’intérêt général prime. « La qualité du numérique public dépend de cette démarche d’améliorer la mixité », conclut Jérémie Vallet.