Anne Le Hénanff appelle l’écosystème tech à jouer collectif
Mercredi 14 janvier, Numeum a réuni son écosystème au Café de l’Homme, à Paris, pour partager ses vœux 2026. Devant plus de 200 acteurs du numérique, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff a livré une feuille de route offensive sur la souveraineté numérique, entourée de Véronique Torner et Patrick Martin.
Publié le 15 janv. | Mis à jour le 16 janv. Lecture 4 min.
Le match ne se gagnera ni en solo ni à huis clos : pour , Anne Le Hénanff, la souveraineté numérique se joue désormais à onze, sur tout le terrain européen.C’est dans ce climat d’urgence stratégique que la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique a pris la parole lors des vœux de Numeum, entourée de Véronique Torner, présidente de Numeum, et de Patrick Martin, président du Medef. Devant plus de 200 acteurs du secteur réunis dans un format intimiste au Café de l’Homme, au Trocadéro, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique a donné le tempo. “La souveraineté numérique n’est pas un slogan, c’est une boussole”, a-t-elle lancé. Autrement dit, sans maîtrise technologique, pas de choix stratégiques possibles. Une boussole qui, a-t-elle précisé, “conditionne notre capacité collective à décider pour nous-mêmes” Dans un monde où la technologie est devenue à la fois levier de puissance et facteur de vulnérabilité, la France ne peut plus jouer en ordre dispersé. Aux côtés de la ministre, Véronique Torner et Patrick Martin ont porté une parole alignée, jouée à l’unisson. “Le talent individuel compte, mais il ne fait jamais gagner un match”, a rappelé Véronique Torner, présidente de Numeum. Quant à Patrick Martin, président du MEDEF, il soulignait l’urgence pour les entreprises de “monter en compétence sans tarder” Le ton est donné : en 2026, le numérique se jouera en équipe.
De gauche à droire : Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Véronique Torner, présidente de Numeum, et de Patrick Martin, président du Medef.
―Fiona Slous / ALLIANCYTrois axes, un plan de jeu clair
Pas question de noyer le vestiaire sous les schémas tactiques. Anne Le Hénanff a préféré un plan de jeu lisible, en trois axes, pour rester dans la course. “La souveraineté repose d’abord sur notre capacité à construire une offre compétitive”, a-t-elle souligné. L’objectif affiché : faire émerger des champions technologiques français et européens capables de tenir le ballon face aux géants mondiaux. Deuxième chantier, la lucidité sur les dépendances technologiques. “La souveraineté commence par la connaissance de nos vulnérabilités”, a insisté la ministre, en référence à l’Observatoire de la souveraineté numérique. Enfin, troisième pilier : les règles. “Faire respecter nos règles, c’est défendre un modèle de société”, a-t-elle rappelé, alors que l’Europe peine encore à transformer ses ambitions en avantage compétitif face aux États-Unis et à la Chine. Même logique côté patronat. “L’IA est un enjeu existentiel, pour toutes les entreprises, sans exception”, a appuyé Patrick Martin, président du MEDEF. À chacun son poste, mais un seul objectif, celui de rester dans le match.
G7, Europe : jouer sur plusieurs tableaux pour gagner
Pour transformer l’essai, la ministre a appelé à changer de rythme. “Nous devons assumer une préférence européenne ciblée dans les secteurs stratégiques”, a-t-elle déclaré. Anne Le Hénanff a notamment cité l’IA, le cloud et la cybersécurité comme étant des priorités. Sans renier l’exigence réglementaire, Paris plaide pour “simplifier ce qui freine et protéger ce qui compte”, avec notamment des ajustements du RGPD et un report de certaines obligations du règlement IA. Deux grandes échéances structurent l’agenda 2026 : la révision du paquet européen de commande publique et la présidence française du G7, au cours de laquelle la France portera des priorités claires en matière de protection des mineurs en ligne, de sécurité de l’intelligence artificielle et d’innovation durable. “C’est un travail d’équipe”, a conclu la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Dans ce Café de l’Homme transformé en vestiaire avant match, le symbole du ballon floqué Numeum a circulé entre les intervenants. Une image simple, presque évidente. Car dans cette Coupe du monde du numérique qui s’ouvre, la France ne gagnera ni sur un exploit solitaire ni sur un coup de chance. Mais sur sa capacité à faire circuler le ballon, à jouer collectif, et à transformer l’essai au bon moment.

