Bull et Foxconn investissent 120 millions d’euros pour industrialiser l’IA en Europe
Bull et Foxconn annoncent un partenariat industriel autour des infrastructures d’IA, avec plus de 120 millions d’euros investis en France pour cibler les AI Factories et les néo-cloud providers européens.
Publié à 8h46 Lecture 2 min.
L’Europe veut reprendre la main sur ses infrastructures numériques. Bull et Foxconn ont annoncé, le 1er juin, un partenariat destiné à produire des systèmes d’intelligence artificielle et de cloud depuis la France et la République tchèque. Avec plus de 120 millions d’euros d’investissement prévus en France, les deux groupes entendent répondre à la montée en puissance des “AI Factories” et des nouveaux fournisseurs de cloud spécialisés dans l’IA. Une initiative qui s’inscrit dans un contexte de dépendance persistante de l’Europe aux technologies et composants étrangers.
Le pari des Ai Factories
Le partenariat vise en priorité les AI Factories et les néo-cloud providers. Ces AI Factories, soutenues par l’Union européenne, doivent constituer un réseau de centres de calcul capables de fournir aux entreprises, laboratoires et administrations les ressources nécessaires pour développer et entraîner leurs modèles d’IA. Une réponse à la domination des hyperscalers américains et à la concentration des capacités de calcul dans quelques régions du monde. Dans ce contexte, Bull apportera son expertise dans les systèmes de calcul avancé tandis que Foxconn assurera une partie de la production industrielle. Les équipements seront fabriqués et testés en République tchèque avant leur intégration finale à Angers.
Souveraineté, un chantier encore ouvert
L’annonce s’inscrit dans le débat récurrent sur la souveraineté numérique européenne. Selon les chiffres cités par les partenaires, l’Europe ne représente qu’environ 8 % de la capacité mondiale de production de semi-conducteurs et moins de 5 % de certains marchés clés liés aux infrastructures d’IA. Renforcer les capacités industrielles locales constitue donc une étape importante. Mais les futurs systèmes reposeront toujours sur des GPU et accélérateurs conçus en grande majorité hors d’Europe. Autrement dit, le projet contribue à sécuriser une partie de la chaîne de valeur sans encore remettre en cause les dépendances technologiques qui structurent aujourd’hui le marché mondial de l’IA. À mesure que l’intelligence artificielle devient une infrastructure critique, la question n’est plus seulement de développer des modèles performants, mais aussi de savoir où seront conçues, assemblées et opérées les machines qui les font tourner. C’est sur ce terrain que Bull et Foxconn entendent désormais se positionner.

