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Centres de données : l’État coche les cases, le terrain attend encore les preuves 

Près d’un an après le Sommet pour l’action sur l’IA, Anne Le Hénanff a réuni à Bercy les acteurs des centres de données. Objectif : dresser un bilan des engagements pris et accélérer les projets, alors que les verrous énergétiques, territoriaux et industriels demeurent.  

Publié le 2 févr.

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Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, dit l’adage ; à Bercy, l’exécutif a voulu prouver qu’il y croyait encore. Vendredi 30 janvier, dans les salons du ministère de l’Économie et des Finances, Anne Le Hénanff a inauguré la première édition des Rencontres des Centres de données. Une réunion de travail réunissant porteurs de projets, représentants de l’État, énergéticiens et agences publiques, pensé comme un point d’étape près d’un an après le Sommet pour l’action sur l’IA de Paris. La rencontre a surtout servi de bilan d’étape, dans un contexte où la compétition européenne pour attirer les data centers s’intensifie.

“Moins d’une année après le Sommet de l’IA à Paris, nos engagements se traduisent en avancées concrètes”, a déclaré la ministre. Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a rappelé que l’État avait voulu “offrir un cadre attractif pour l’installation de centres de données”. ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. “Les projets se concrétisent progressivement”, a-t-elle ajouté, tout en reconnaissant implicitement le temps long des infrastructures. Un discours rodé, mais qui peine encore à dissiper le décalage entre ambition politique et rythme industriel.  

 

63 sites sur la carte, l’électricité comme juge de paix  

 

Sur le papier, la mécanique semble huilée : Soixante-trois sites identifiés comme compatibles avec l’implantation de centres de données, dont vingt-six déjà sécurisés par des porteurs de projets. Parmi eux, cinq sites “fast track”, à Dunkerque, Escaudain, Le Bosquel, Fouju et Montereau, concentrent toutes les attentions avec un potentiel de raccordement supérieur à 700 MW. "Nous nous sommes assurés que les annonces se traduisent en actions", a insisté Roland Lescure, évoquant disponibilité foncière et simplification des démarches. Dans les faits, la bataille se joue désormais sur le front électrique. La puissance recherchée atteint 28,6 GW, un chiffre qui illustre autant l’ambition que la fragilité du modèle. Anne Le Hénanff a reconnu que le raccordement devait être pensé "dans une logique d’anticipation et de planification". En creux, l’aveu d’un système sous tension. Tant que les délais de branchement resteront supérieurs à ceux de la concurrence européenne, la France avancera avec le frein à main tiré. 

 

Souveraineté numérique : un récit solide, des preuves encore attendues 

 

Au-delà des mégawatts et des fonciers, le gouvernement a voulu installer un récit : celui d’une souveraineté numérique créatrice d’emplois et compatible avec la transition écologique. “C’est une victoire pour notre souveraineté numérique”, a affirmé Anne Le Hénanff, estimant que ces projets servaient aussi “la compétitivité économique”. L’exécutif met en avant l’accompagnement de 52 entreprises par la task force État–DGE–Business France–RTE et le fait que plus de 75 % des porteurs de projets issus du Sommet de l’IA ou de Choose France aient sécurisé un site. Reste que l’exemplarité environnementale, régulièrement invoquée, demeure encore largement déclarative, faute d’indicateurs publics précis sur l’empreinte réelle des futurs centres. Le dialogue avec les collectivités, autre axe mis en avant à Bercy, sera décisif pour éviter les blocages locaux. L’État a posé les fondations. Il lui reste à prouver que la promesse industrielle ne restera pas cantonnée aux slides ministériels.