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Désinformation : 417 milliards de dollars de coût économique en 2024 

L’industrialisation du mensonge et l’essor de l’intelligence artificielle transforment la désinformation en un risque économique majeur pour les entreprises et les marchés mondiaux. 

Publié le 23 mars

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Selon une étude inédite de Sopra Steria, la désinformation aurait coûté 417 milliards de dollars à l’économie mondiale en 2024, principalement à travers des flux financiers détournés ou influencés. Les faux avis en ligne auraient orienté 227 milliards de dollars de dépenses de consommation, faussant la concurrence et donnant une visibilité indue à certains produits. Les fraudes reposant sur l’intelligence artificielle et les deepfakes représentent 11 milliards de dollars, tandis que les arnaques en cryptomonnaie de type pig butchering s’élèveraient à 5,5 milliards de dollars. Ces chiffres montrent que la désinformation n’est plus seulement un problème politique ou social : elle touche directement les entreprises, les marchés et les décisions des consommateurs. 

Impacts sociaux et politiques 

Les conséquences de la désinformation dépassent le cadre financier. L’étude estime à 10 milliards de dollars les coûts sociaux, principalement liés à des effets sur la santé publique, comme des surcharges hospitalières ou des retards dans les diagnostics, et à la propagation de fausses informations en matière médicale. Les coûts politiques s’élèveraient à 14 milliards de dollars, incluant les dépenses publiques liées à la protection des processus démocratiques et la lutte contre les ingérences informationnelles. Ces données montrent que les impacts de la désinformation sont multiples et qu’ils affectent autant les citoyens que les institutions publiques et les entreprises. 

La finance et les entreprises en première ligne 

Le secteur financier apparaît particulièrement vulnérable, car il repose sur la confiance et l’information, deux actifs directement fragilisés par la désinformation. Les campagnes d’influence et les contenus trompeurs peuvent perturber paiements, investissements et e-commerce, avec des répercussions sur l’ensemble des flux économiques. L’étude met également en évidence un déséquilibre : les plateformes qui diffusent ces contenus frauduleux tirent des revenus colossaux, tandis que les budgets mondiaux pour la vérification de l’information restent dérisoires. Sopra Steria souligne qu’une approche collective, intégrant entreprises, institutions publiques et experts, est nécessaire pour développer une résilience informationnelle et renforcer la confiance numérique à l’échelle européenne.