Impact IA

IA et management : une fracture générationnelle se creuse dans les entreprises 

Un sondage OpinionWay pour KEDGE Business School met en lumière des écarts marqués entre générations de managers dans l’usage de l’intelligence artificielle et la manière dont elle transforme les pratiques managériales. 

Publié et mis à jour le 21 janv.

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Réalisée en octobre 2025 auprès de cadres manageant au moins une personne, l’étude d’OpinionWay pour KEDGE montre une adoption massive de l’intelligence artificielle dans le management, mais à des rythmes et avec des usages très différenciés selon l’âge. En deux ans, l’utilisation d’outils comme ChatGPT est passée de 21 % à 82 % des managers, traduisant une intégration rapide de l’IA dans les pratiques professionnelles quotidiennes. L’IA est d’abord mobilisée comme un outil de gain d’efficacité. Près des trois quarts des managers l’utilisent pour rechercher des informations, plus de six sur dix pour synthétiser des documents et plus de la moitié pour préparer des idées ou reformuler des messages. Elle s’étend également à la gestion des équipes, que ce soit pour obtenir des conseils managériaux, préparer des entretiens annuels ou gérer des situations conflictuelles. 

Des usages managériaux très contrastés selon l’âge 

Derrière cette adoption globale se dessine une fracture générationnelle nette. Près de 9 managers sur 10 de moins de 40 ans déclarent utiliser l’IA, contre 74 % des plus de 50 ans. Les écarts sont encore plus marqués dans les usages liés au management : 64 % des moins de 40 ans s’appuient sur l’IA pour des conseils managériaux, contre 30 % chez les plus âgés. La préparation des entretiens annuels ou la gestion de situations tendues suivent la même logique, avec des écarts allant du simple au double. Ces différences se traduisent aussi dans les critères d’évaluation du travail. Près de 90 % des managers de moins de 40 ans indiquent avoir modifié leurs pratiques depuis l’introduction de l’IA, contre 60 % chez les plus de 50 ans. Les premiers valorisent davantage la créativité et la valeur ajoutée humaine, tandis que les seconds restent plus attachés à des logiques de fiabilité et de contrôle. 

Un rôle managérial entre gains de temps et nouvelles tensions 

Si 74 % des managers estiment que l’IA leur fait gagner du temps, ses effets sur le rôle managérial apparaissent ambivalents. Près de la moitié considèrent qu’elle déshumanise les relations professionnelles et 43 % jugent qu’elle complexifie leur fonction. Ces perceptions se reflètent dans les équipes, où l’intensité d’usage de l’IA est plus forte chez les collaborateurs des managers les plus jeunes. À moyen terme, 37 % des managers interrogés anticipent une transformation profonde du management d’ici cinq ans, une projection davantage partagée par les moins de 40 ans que par les plus de 50 ans. Pour les auteurs de l’étude, l’enjeu réside désormais dans la capacité des organisations à articuler ces différentes cultures managériales afin de favoriser un usage partagé et maîtrisé de l’IA. 

La formation comme levier d’adaptation 

Face à ces évolutions, KEDGE Business School inscrit l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie de formation initiale et continue. L’établissement a intégré l’IA dans l’ensemble de ses programmes diplômants et développé des dispositifs spécifiques autour des enjeux éthiques, pédagogiques et professionnels liés à ces technologies. En formation continue, des certificats spécialisés visent à accompagner les managers dans l’adaptation de leurs pratiques, notamment dans les fonctions RH, financières ou opérationnelles. À travers ces dispositifs, l’école entend répondre aux transformations observées dans l’étude et accompagner l’ensemble des générations de managers confrontées à l’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans le monde du travail.