IA européenne

La France et l’Allemagne posent les bases d’une stratégie industrielle commune sur l’intelligence artificielle 

Réunis à Bercy, responsables publics, chercheurs et industriels ont esquissé une feuille de route pour structurer une IA européenne. Au cœur des échanges : compétitivité, données et souveraineté. 

Publié le 20 avr. | Mis à jour le 28 avr.

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Thomas Courbe, directeur général chargé des entreprises, ministère français de l'Économie

Thomas Courbe, directeur général chargé des entreprises, ministère français de l'Économie

Tiago Gil / Alliancy

Derrière la remise du rapport du dialogue franco-allemand sur l’intelligence artificielle, un message central s’impose : l’IA est désormais considérée comme un facteur déterminant de compétitivité pour l’industrie européenne. Les interventions ont insisté sur une ligne de fracture claire entre les entreprises capables d’intégrer ces technologies et celles qui risquent d’être marginalisées. « L’intelligence artificielle va transformer nos entreprises […] et elle va diviser le monde industriel entre ceux qui sauront s’y adapter et ceux qui ne le pourront pas », a ainsi déclaré Beate Baron, appelant à « être du bon côté de cette transformation ». Dans ce contexte, la coopération entre la France et l’Allemagne vise à accélérer l’adoption de l’IA dans les filières industrielles, avec l’objectif de renforcer la position de l’Europe face aux acteurs américains et chinois. « L’Europe ne doit pas se contenter d’être un simple utilisateur de l’IA […] nous devons construire notre propre voie », a insisté la responsable allemande. Porté notamment par Inria, Fraunhofer-Gesellschaft et Institut Mines-Télécom, ce dialogue s’inscrit dans une logique de transfert entre recherche et industrie.  

Les données et la coopération au cœur de la stratégie sur l’IA 

Les discussions ont mis en avant un enjeu jugé central : l’exploitation des données industrielles européennes. « Nous devons libérer le potentiel de nos données », a souligné Beate Baron, mettant en avant leur valeur stratégique pour l’économie européenne. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’organiser leur partage à l’échelle du continent, y compris entre acteurs concurrents, dans une logique de coopération structurée. Cette approche soulève toutefois des enjeux de gouvernance, de régulation et de circulation des données entre États membres. « Travailler sur la circulation des données à l’échelle européenne […] est un élément clé », a rappelé Thomas Courbe. Plus largement, les autorités françaises et allemandes ont insisté sur la nécessité de bâtir un écosystème intégré, associant entreprises, centres de recherche et pouvoirs publics, dans une perspective de long terme. « Nous devons concevoir cette technologie nous-mêmes […] l’industrie est une force en Europe », a résumé Beate Baron, appelant à une mobilisation collective pour structurer une réponse européenne sur l’intelligence artificielle.