Santé

Le CHU de Nantes teste les solutions IA de Doctolib en conditions réelles 

Le CHU de Nantes, Nantes Université et Doctolib lancent des études pilotes sur 12 à 24 mois pour évaluer en conditions réelles des solutions d’IA en santé au sein des services hospitaliers. 

Publié le 2 mars

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Fin des effets d’annonce. Le CHU de Nantes, Nantes Université et Doctolib engagent un partenariat de recherche pour développer et surtout évaluer des solutions d’intelligence artificielle directement dans les services hospitaliers. Les premiers projets doivent démarrer dans l’année, avec des études pilotes conduites sur douze à vingt-quatre mois. L’ambition est claire : mesurer l’impact réel de ces outils sur les parcours de soins, l’organisation interne et le travail des soignants. Les résultats, assurent les partenaires, ont vocation à alimenter des communications académiques, voire des publications scientifiques. 

Des algorithmes passés au crible clinique 

Le cœur du dispositif repose sur une évaluation prospective, avec des protocoles prédéfinis et des indicateurs formalisés. Adoption par les équipes, qualité et complétude des données, effets sur les flux de patients, critères médico-économiques lorsque pertinent. L’approche se veut structurée, dans un secteur où de nombreux outils numériques sont déployés sans validation robuste. “L’intelligence artificielle en santé ne peut être utile que si elle est évaluée avec la même rigueur scientifique que toute avancée médicale”, a déclaré Jean-Urbain Hubau, directeur général France de Doctolib, qui investit fortement dans l'IA. En creux, le message vise un écosystème critiqué pour la faiblesse des preuves cliniques associées à certaines solutions d’IA. 

Ophélia, test sur les urgences pédiatriques 

Premier chantier annoncé, le projet Ophélia cible les urgences pédiatriques. Les équipes du CHU constatent qu’une part significative des passages ne relève pas d’une prise en charge urgente. Le modèle d’orientation développé par Doctolib sera comparé à la prise en charge réellement effectuée afin d’en mesurer la robustesse et la capacité à apprécier la gravité des situations. L’évaluation s’appuiera sur des données issues de l’entrepôt de données de santé du CHU, dans un cadre présenté comme conforme au RGPD. Au-delà de la performance technique, l’enjeu porte sur la responsabilité médicale et l’acceptabilité d’un outil algorithmique dans la décision d’orientation. 

Organisation hospitalière et maladies chroniques 

Les travaux porteront également sur des outils organisationnels destinés aux soignants, notamment des algorithmes de triage ou d’optimisation des parcours, ainsi que sur la coordination des prises en charge de pathologies chroniques en ambulatoire. Ces terrains concentrent des tensions fortes : surcharge administrative, cloisonnement ville-hôpital, hétérogénéité des données. Le CHU de Nantes a indiqué vouloir garantir la sécurité des données à chaque étape. Pour l’établissement, il s’agit aussi de structurer une capacité d’expérimentation interne, en lien avec Nantes Université et le Pôle universitaire d’innovation. Ce type de partenariat pose tout de même une question : les éditeurs accepteront-ils que leurs algorithmes soient évalués avec la même exigence que les dispositifs médicaux traditionnels ? À Nantes, la réponse se jouera désormais sur données réelles.