Écosystème

Le Hub France IA dévoile une cartographie 2026 forte de 972 startups 

Présentée à Bercy par le Hub France IA, la cartographie 2026 recense 972 startups et fournisseurs d’IA en France, illustrant un écosystème en croissance au cœur des enjeux de souveraineté. 

Publié le 13 mars | Mis à jour le 17 mars

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Réunis au ministère de l’Économie et des Finances à Bercy, acteurs publics, investisseurs et entrepreneurs de l’intelligence artificielle ont assisté ce lundi à la présentation de la cartographie 2026 du Hub France IA. Cette initiative, réalisée en lien avec la Direction générale des entreprises (DGE), vise à rendre plus lisible l’écosystème français de l’IA et à suivre sa structuration. Selon les données dévoilées lors de l’événement, la cartographie recense désormais 972 startups et fournisseurs de solutions d’intelligence artificielle en France. L’écosystème continue de se densifier, avec 375 nouvelles entreprises référencées et plus d’un milliard d’euros levés depuis 2024. En ouverture, Aurélien Palix, sous-directeur des réseaux et usages numériques à la DGE, est revenu sur les initiatives publiques visant à accélérer l’adoption de l’IA dans le tissu économique, notamment le plan « Osez l’IA » mené avec les acteurs de l’écosystème. L’objectif est double : favoriser l’émergence de champions nationaux et faciliter l’accès des entreprises françaises aux solutions d’intelligence artificielle. 

Une cartographie construite avec l’écosystème 

La présentation de cette nouvelle édition a été introduite par Caroline Chopinaud, directrice générale du Hub France IA, avant un décryptage détaillé par Consuelo Innocenti et Jordan Fleurier, en charge de la cartographie au sein de l’organisation. Celle-ci repose sur un processus de sourcing combinant les remontées des partenaires régionaux et des incubateurs, l’actualisation des entreprises déjà référencées et un formulaire ouvert aux nouvelles candidatures. Les dossiers sont ensuite étudiés par un jury d’experts. Pour être intégrées à la cartographie, les entreprises doivent notamment disposer d’un siège social en France, compter au moins deux salariés et proposer une solution reposant sur l’intelligence artificielle ou facilitant son déploiement. Si la sélection reste relativement ouverte, un peu plus de 4 % des candidatures sont refusées, généralement parce que l’IA ne constitue pas le cœur de la proposition de valeur ou en raison d’informations juridiques incomplètes. 

Santé, logiciels et opérations : les principaux moteurs de l’IA 

Les données présentées mettent en lumière plusieurs tendances structurantes du marché français. Les secteurs de la santé et des logiciels demeurent les plus représentés dans l’écosystème, confirmant le rôle central de l’IA dans l’analyse de données médicales, la recherche ou encore les plateformes logicielles. À l’inverse, des domaines comme la mode, le luxe ou la construction restent encore peu présents dans la cartographie. Du côté des usages, les solutions couvrant plusieurs fonctions de l’entreprise représentent la part la plus importante des applications, suivies par celles dédiées aux opérations. En revanche, certaines fonctions comme la comptabilité, la finance ou la supply chain demeurent encore peu outillées par l’intelligence artificielle. L’étude souligne également une forte concentration géographique : l’Île-de-France regroupe près de 60 % des startups recensées, illustrant le poids du bassin parisien dans le développement de la filière. 

Souveraineté et dynamiques territoriales au cœur des débats 

L’après-midi s’est poursuivie avec une table ronde consacrée aux enjeux de souveraineté des startups en France, animée par le journaliste Fabrice Deblock. Les échanges ont réuni plusieurs acteurs publics et privés de l’écosystème, dont Damien Lucas, CEO de Scaleway, Matthieu Porte du Commissariat général au développement durable, Arno Pons de la Digital New Deal Foundation, Jeanne Carrez‑Debock de la Banque des Territoires, ainsi que Rim Tehraoui, présidente du Hub France IA et Baptiste Clopt de la DGE. Les intervenants ont notamment abordé la question de l’autonomie technologique européenne et du rôle des infrastructures, des financements publics et de la régulation dans le développement d’un écosystème compétitif face aux acteurs américains et chinois. Plus tard dans l’après-midi, plusieurs jeunes entreprises (Leakmited, Ordalie et Tigolabs) ont présenté leurs solutions lors d’une session de pitchs, avant une seconde table ronde consacrée aux stratégies régionales d’accélération de l’IA. Animée par Caroline Chopinaud, la discussion a réuni des représentants de plusieurs territoires, dont Aymeric de Maussion (Pays de la Loire), Clara Revel (Innov’a Amiens), Nicolas Camerati (Maison de l’IA Alpes-Maritimes), Pauline Boulay (Métropole du Grand Paris), Baptiste Blanc (Corsica AI) et Grégoire Maurice de l’INRIA Startup Studio de Lille. Les échanges ont mis en lumière la montée en puissance des initiatives territoriales pour accompagner les startups et diffuser l’usage de l’IA au-delà des grands pôles technologiques. La journée s’est conclue par une session de networking réunissant startups, institutions et investisseurs, illustrant l’ambition du Hub France IA : fédérer un écosystème en pleine croissance et accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle dans l’économie française.