Supply chain

Défaillance fournisseur, une entreprise française sur deux redoute la crise 

Selon une étude Ivalua, 50 % des entreprises françaises estiment qu'une seule défaillance fournisseur pourrait déclencher une crise majeure de leur chaîne d'approvisionnement. 

Publié et mis à jour le 26 août 20262 min de lecture
Défaillance fournisseur, une entreprise française sur deux redoute la crise

Le moindre grain de sable suffit parfois à enrayer toute la mécanique. C'est le constat dressé par une étude d'Ivalua menée auprès de 800 décideurs achats et supply chain, dont 200 en France. Trois entreprises françaises sur quatre déclarent avoir subi la défaillance d'au moins un fournisseur critique au cours des douze derniers mois. Pour la moitié d'entre elles, un nouvel incident suffirait à provoquer une crise majeure. Plus inquiétant encore, 67 % reconnaissent gérer les incidents une fois qu'ils surviennent plutôt que de les anticiper, soit la proportion la plus élevée des quatre pays étudiés. Des résultats qui illustrent la difficulté persistante des directions achats à transformer la gestion des risques fournisseurs en véritable levier de résilience, malgré un contexte géopolitique et économique qui pousse les entreprises à renforcer leurs chaînes d'approvisionnement. 

Des données visibles, mais peu exploitables 

L'étude met en évidence un paradoxe. Les entreprises françaises estiment disposer d'une meilleure visibilité sur les risques liés à leurs fournisseurs que leurs homologues américaines, britanniques ou allemandes. Pourtant, cette connaissance ne se traduit pas par une capacité de réaction plus rapide. Il faut en moyenne 9,5 jours pour identifier un fournisseur alternatif, puis près de 2,2 semaines pour l'intégrer pleinement, le délai le plus long du panel. Durant cette période, 71 % des organisations s'exposent à des ruptures ou à des perturbations opérationnelles. En parallèle, 59 % jugent leurs processus de contrôle des fournisseurs trop lents face à l'évolution des risques. Ce décalage rappelle que la résilience ne dépend pas uniquement de la collecte d'informations, mais aussi de la capacité à les partager et à les exploiter rapidement au sein de l'entreprise. 

L'IA freinée par la qualité des données 

L'intelligence artificielle apparaît comme une piste pour détecter plus tôt les signaux faibles, mais les fondations restent fragiles. Près d'une entreprise française sur deux ne dispose pas d'une vision unifiée du risque fournisseur et 30 % s'appuient encore principalement sur des tableurs, des e-mails ou des documents pour piloter leur due diligence. Conséquence, 63 % reconnaissent que cette dépendance accroît le risque d'erreurs humaines. Surtout, 55 % des répondants estiment que leurs données fournisseurs ne sont pas suffisamment préparées pour être exploitées par des outils d'IA. Seules 35 % des entreprises utilisent aujourd'hui cette technologie dans leurs processus de surveillance des risques, en retrait par rapport à la moyenne des pays interrogés. Derrière la promesse de l'IA, l'étude souligne ainsi un enjeu plus structurel. Celui de la gouvernance des données et de la modernisation des systèmes achats, préalable indispensable à toute stratégie d'anticipation. 

 

Autres articles

« Le déploiement à l’échelle de réseaux d’agents est une transformation très profonde de l’entreprise »

Interview

« Le déploiement à l’échelle de réseaux d’agents est une transformation très profonde de l’entreprise »

Emilie Pierre-Desmonde, Directrice de Big Data & AI Paris, dont Alliancy est partenaire, détaille ce que le salon de référence va mettre en avant les 15 et 16 septembre prochain. Avec un programme restructuré et recentré.

L’intelligence digitale : d’une accumulation technologique à une maturité collective

Chronique

L’intelligence digitale : d’une accumulation technologique à une maturité collective

Depuis 5 ans, notre chroniqueur Imed Boughzala explore les contours de l'intelligence digitale. Il revient sur l'importance en 2026 de prendre en compte ses composants clés pour les organisations.

Affaire des Chromebooks au lycée : le vrai sujet, c'est la gouvernance de nos dépendances numériques

Chronique

Affaire des Chromebooks au lycée : le vrai sujet, c'est la gouvernance de nos dépendances numériques

L'annonce du déploiement de Chromebooks dans plusieurs lycées, notamment en Pays de la Loire et en Île-de-France, relance un débat récurrent : faut-il préférer Google, Microsoft ou un autre fournisseur ? Mais cette question est déjà dépassée.

Services d’État : “Certaines mesures de sécurité assez basiques ne sont pas mises en œuvre”

entretien

Services d’État : “Certaines mesures de sécurité assez basiques ne sont pas mises en œuvre” 

Éric Delisle, chef de service juridique de la CNIL, revient sur le rôle de la commission dans la mise en œuvre de l’IA Act ainsi que sur les récentes cyberattaques subies par les services publiques.  

Piloter une ESN : Delphine Ferrier (SPIE ICS), transformer une ESN qui gagne, sans en perdre l'âme

Chronique

Piloter une ESN : Delphine Ferrier (SPIE ICS), transformer une ESN qui gagne, sans en perdre l'âme

Pour sa chronique dédiée aux ESN, Sylvain Fievet rencontre Delphine Ferrier, directrice générale de SPIE ICS. Dans un marché rebattu par l'IA, la souveraineté et la pression économique, elle défend une méthode : construire dans la durée.


Préférences de consentement