Souveraineté numérique

L’État structure sa stratégie de sortie des dépendances extra-européennes

L’État accélère sa stratégie de souveraineté numérique avec un plan visant à réduire ses dépendances extra-européennes, en mobilisant administrations et industriels autour d’objectifs communs.

Publié et mis à jour le 13 avril 2026
2 min.
L’État structure sa stratégie de sortie des dépendances extra-européennes

À l’initiative du gouvernement, un séminaire interministériel organisé le 8 avril 2026 par la Direction interministérielle du numérique, aux côtés de la Direction générale des entreprises, de ANSSI et de la Direction des achats de l'État, a marqué une nouvelle étape dans la stratégie française de souveraineté numérique. Réunissant administrations, opérateurs publics et acteurs privés, l’événement visait à accélérer la réduction des dépendances aux solutions extra-européennes.

Des orientations politiques désormais opérationnelles

Dans le prolongement des récentes circulaires du gouvernement sur la commande publique numérique et la généralisation de l’outil de visioconférence « Visio », l’exécutif fixe un cap : diminuer significativement la dépendance technologique de l’État.

Plusieurs initiatives illustrent déjà cette orientation. La DINUM a ainsi engagé une transition des postes de travail vers des environnements Linux, en remplacement de Windows. De son côté, la Caisse nationale d’Assurance maladie a annoncé la migration de 80 000 agents vers des outils du socle numérique interministériel, dont Tchap, Visio et FranceTransfert. Par ailleurs, la plateforme des données de santé doit basculer vers une solution dite « de confiance » d’ici fin 2026.

Une approche collective public-privé

Le séminaire a également acté une nouvelle méthode, fondée sur la constitution de coalitions associant ministères, opérateurs publics et entreprises privées. L’objectif est de structurer des projets communs autour de briques technologiques souveraines, en s’appuyant notamment sur les communs numériques et des standards d’interopérabilité tels que ceux portés par les initiatives Open-Interop et OpenBuro.

Un pilotage interministériel et des feuilles de route attendues

La DINUM est chargée de coordonner un plan global de réduction des dépendances. Chaque ministère devra formaliser d’ici l’automne sa propre feuille de route, couvrant notamment les postes de travail, les outils collaboratifs, la cybersécurité, l’intelligence artificielle ou encore les infrastructures.

Ces travaux s’appuieront sur les cartographies des dépendances en cours de réalisation par la DAE, ainsi que sur les réflexions menées par la DGE autour de la définition d’un service numérique européen. L’objectif est de préciser un calendrier et des cibles chiffrées.

Vers une alliance industrielle pour la souveraineté

Les premières « rencontres industrielles du numérique », prévues en juin 2026, doivent permettre de concrétiser cette dynamique, avec la création annoncée d’une alliance public-privé dédiée à la souveraineté numérique européenne.

Pour le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, l’enjeu est clair : l’État doit reprendre le contrôle de ses choix technologiques et réduire sa dépendance à des solutions dont il ne maîtrise ni les règles ni les évolutions. Même ligne du côté de Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, qui souligne la dimension stratégique de cette transition pour la France et, au-delà, pour l’Europe.

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