RSSI, Dr Jekyll ou Mr Hyde ?

[Chronique de Mounir Chaabane] Entre l’ombre et la lumière, il est difficile d’interpréter la personnalité des RSSI (Responsable de la Sécurité des Système d’Information). Une personnalité ambivalente, à la fois discrète dans la confidentialité et communicante dans la sensibilisation. Un vrai défi pour les recruteurs. Avec l’émergence du digital et de la cybersécurité,

Publié et mis à jour le 27 juin 20193 min de lecture
RSSI, Dr Jekyll ou Mr Hyde ?

RSSI, Dr Jekyll ou Mr Hyde ?

Entre l’ombre et la lumière, il est difficile d’interpréter la personnalité des RSSI (Responsable de la Sécurité des Système d’Information). Une personnalité ambivalente, à la fois discrète dans la confidentialité et communicante dans la sensibilisation. Un vrai défi pour les recruteurs. Avec l’émergence du digital et de la cybersécurité, les RSSI sont de plus en plus lumineux, mais ils gardent la part sombre d’une sécurité informatique intransigeante. Une face obscure où certains basculent irrémédiablement, piégés par la dualité de leur mission. Comme dans « L’étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde », de R. Louis Stevenson.

Une autorité agressive. Quand des RSSI basculent de la coopération à l’agression. Ils deviennent agressifs pour transformer leurs décisions en commandements. Piégés par la dualité RSSI « influenceuses/eurs » et RSSI « gendarmes ». Ils appliquent la méthode d’Al Capone: « On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver qu’avec un mot gentil tout seul». La coopération consiste à créer de la confiance et à fédérer un écosystème avec les opérations et les prestataires. Basculer dans l’agressivité c’est faire usage de la contrainte, au risque d’échouer dans la mise en pratique. Même dans les moments de crise.

Le pouvoir de dire non. Quand des RSSI se transforment en machine à bloquer. Sous couvert de sécurité, ils clouent au pilori toutes initiatives et projets informatiques. Souvent pour de bonnes raisons, mais à force, certains y prennent goût. Piégés par la dualité « Bonnes pratiques » et « Certification », ils appliquent la méthode « Comply or Die ». Obnubilés par leur rôle de garant, ils ne savent plus faire le compromis entre des risques acceptables et une cybersécurité absolue. Quitte à devenir le bouc émissaire de tous projets dont personnes ne veut.

Ne faire confiance qu’aux robots. Quand des RSSI se méfient trop des humains, les considérants comme du « Bad code ». Radicalisés par la technologie, ils considèrent l’humain comme l’ennemi de la cybersécurité. Abreuvés de manuels techniques et influencés par des éditeurs, ils s’entourent de machines pour corriger l’erreur humaine. Piégés par la dualité « Sensibilisation » et « Expertise technique », ils appliquent la méthode « Fix Human ». Basculer dans une pure culture technique c’est le risque d’une communication défaillante et d’une rupture du dialogue, même avec les directions.

Devenir le maillon faible. Quand des RSSI verrouillent leur position dans la chaine de sécurité. Persuadés qu’ils sont seuls responsables dans leur mission, ils se transforment en guichet unique de la cybersécurité. Ils centralisent toutes les décisions et les actions de sécurité informatique pour être surs de ne rien laisser passer. Piégés par la dualité « Responsable » et « Coupable », ils appliquent la méthode du « Je vous l’avais bien dit ». Le siège éjectable est une réalité pour les RSSI mais la crainte du « je ne savais pas » est pire que tout. Devenir un goulot d’étranglement dans les processus c’est prendre le risque de devenir le maillon faible dans la chaine d’innovation.

Chaque RSSI doit adapter cette dualité selon son contexte et son organisation. Une adaptation subtile qui dépend de la position donnée à cette fonction et aux enjeux de cybersécurité. Certaines organisations préfèrent la version Dr Jekyll, pour une cybersécurité agile et communicante. D’autres recherchent la version Mr Hyde, pour une approche plus régalienne et non négociable. En tous les cas, cette dualité est nécessaire dans la personnalité des RSSI. C’est juste une question d’équilibre. Alors, méfiez vous du RSSI qui dort !

Autres articles

Transition écologique et IA : la Caisse des Dépôts mobilise 18 milliards d'euros pour son programme « Horizon Numérique 2030 »

vivatech 2026

Transition écologique et IA : la Caisse des Dépôts mobilise 18 milliards d'euros pour son programme « Horizon Numérique 2030 »

Entre souveraineté numérique et transition écologique, le ministre Mathieu Lefèvre et le DG de la CDC Olivier Sichel affichent une même feuille de route pour l'IA.

Une agence autonome pour propulser la recherche française dans la course mondiale 

vivatech 2026

Une agence autonome pour propulser la recherche française dans la course mondiale 

Bpifrance présente au ministre de l’Économie les conclusions de son dernier rapport : la recherche française a besoin d’une agence plus libre.

Orange et le CEA s'allient sur les communications sémantiques pour l'IA

vivatech 2026

Orange et le CEA s'allient sur les communications sémantiques pour l'IA

Les deux acteurs lancent un laboratoire commun de cinq ans dédié aux communications sémantiques, une technologie clé pour des réseaux plus sobres et nativement pensés pour l'IA.

France 2030 sélectionne 28 nouveaux projets IA, avec un accent sur la santé et l'industrie 

vivatech 2026

France 2030 sélectionne 28 nouveaux projets IA, avec un accent sur la santé et l'industrie 

L'État a dévoilé 28 nouveaux lauréats de l'appel à projets “Pionniers de l'IA”. La santé, l'industrie et la souveraineté numérique concentrent l'essentiel des initiatives retenues.

Qui est ChapsVision, le tombeur de Palantir au sein de l’Etat français ?

vivatech 2026

Qui est ChapsVision, le tombeur de Palantir au sein de l’Etat français ?

Fondé par un français, le groupe européen de data intelligence met fin à dix ans de collaboration des renseignements intérieurs avec le géant américain controversé. Méconnu du grand public, ChapsVision connait une croissance particulièrement soutenue depuis sept ans. Récit d’une success story.