Une commission parlementaire lancée sur les dépendances numériques de la France
Les auditions de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles de la France dans le secteur du numérique ont débuté le 10 mars 2026 à l’Assemblée nationale.
Publié le 12 mars | Mis à jour le 13 mars Lecture 3 min.
Les travaux de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique ont débutés le 10 mars 2026 à l’Assemblée nationale. Cette initiative a été demandée par le groupe Écologiste et Social, dans un contexte marqué par l’intensification des tensions géopolitiques et la domination croissante de certaines puissances dans les technologies numériques. La commission est présidée par Philippe Latombe, député du groupe MoDem, tandis que la rapporteure est Cyrielle Chatelain, députée de la 2ᵉ circonscription de l’Isère et présidente du groupe Écologiste et Social. Les auditions doivent se poursuivre jusqu’au mois de mai afin d’évaluer les fragilités structurelles de la France dans le domaine numérique. Selon les initiateurs de la commission, la montée en puissance des régimes autoritaires, les conflits politiques internationaux et les remises en cause du droit international renforcent la nécessité pour la France de travailler à son autonomie numérique.
L’influence des grandes puissances et des géants technologiques
Le contexte international constitue l’un des éléments centraux de cette enquête parlementaire. Les États-Unis et la Chine dominent aujourd’hui plusieurs secteurs stratégiques du numérique, ce qui leur confère un poids géopolitique et économique majeur. La collecte massive de données et leur exploitation sont également perçues comme des enjeux pouvant menacer les libertés individuelles et la sécurité collective. La commission souligne également l’influence croissante des entreprises technologiques dans le débat public européen. Selon les données citées dans le communiqué, l’industrie de la tech a consacré 151 millions d’euros au lobbying auprès des institutions européennes en 2025, soit trois fois plus que le secteur pharmaceutique. Dans ce contexte, certaines pressions politiques internationales sont également évoquées. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump demanderait ainsi un affaiblissement des règles européennes de protection.
Trois axes d’enquête et premières auditions
Les travaux de la commission doivent s’articuler autour de trois axes principaux : la dépendance des administrations publiques et des opérateurs d’importance vitale aux grandes plateformes technologiques, la maîtrise des infrastructures numériques et les faiblesses structurelles de la France en matière de protection des données. Pour mener cette analyse, les parlementaires auditionneront différents acteurs du secteur : responsables publics, chercheurs, spécialistes des technologies, représentants d’entreprises numériques et défenseurs des libertés individuelles. Les premières auditions auront lieu le 10 mars au Palais Bourbon. Elles débuteront avec l’intervention de Henri Verdier, ancien ambassadeur pour le numérique et directeur général de la fondation Inria. Une table ronde réunira ensuite David Chavalarias, directeur de recherche au CNRS, et Robin Berjon, informaticien et directeur de l’agence Supramundane. Ces auditions doivent permettre à la commission de dresser un état des lieux des dépendances numériques de la France et d’identifier d’éventuelles pistes pour renforcer son indépendance technologique.

