Mixitech

VivaTech : cinq fondatrices en finale face au mur du financement

VivaTech a dévoilé le 28 avril les cinq finalistes 2026 du Female Founder Award. Issues de 85 pays, elles pitcheront le 18 juin à Paris dans un contexte de sous-financement persistant.

Publié et mis à jour le 29 avril 2026
2 min.
VivaTech : cinq fondatrices en finale face au mur du financement
VIVATECH

Le plafond de verre résiste, mais les projecteurs s’allument. Le 28 avril, VivaTech a révélé les cinq finalistes de l’édition 2026 du Female Founder Award, qui se tiendra les 18 et 19 juin à Paris. Derrière la vitrine, un constat têtu. Les startups fondées par des femmes ne captent que 12 % des financements en capital-risque . Dans ce contexte, 444 candidatures issues de 85 pays ont été examinées, avec une forte internationalisation et des entreprises souvent déjà en levée de fonds. La sélection, opérée avec des partenaires et un jury d’experts, met en avant cinq projets qui devront convaincre lors d’une finale publique. L’enjeu est double. Accéder à des investisseurs. Gagner en visibilité dans un écosystème encore déséquilibré.

Cinq projets, cinq paris industriels

Parmi les finalistes, Ark Climate développe un logiciel pour piloter la neutralité carbone des collectivités. Endolith mise sur des procédés biologiques pour transformer l’extraction du cuivre. ExoMatter mobilise l’intelligence artificielle pour accélérer la recherche en matériaux. Revolty s’attaque au stockage solaire résidentiel via des batteries reconditionnées. Robeauté, enfin, explore la micro-robotique pour intervenir dans le cerveau. Des paris technologiques ambitieux, à forte intensité capitalistique. Leur point commun saute aux yeux. Tous nécessitent des investissements lourds et un temps long avant rentabilité. Or, c’est précisément là que les inégalités de financement frappent le plus. Le Female Founder Award agit ici comme un révélateur. Pas comme un correctif structurel.

Une sélection dominée par la santé et la deeptech

Le cru 2026 confirme un basculement sectoriel. Près de la moitié des startups retenues évoluent en HealthTech ou en biotechnologies, tandis que la deeptech s’impose comme un terrain d’expression croissant pour les fondatrices. Loin des clichés cantonnant l’entrepreneuriat féminin à la FemTech, les projets adressent des problématiques industrielles lourdes. Transition climatique, extraction minière, science des matériaux, stockage énergétique ou encore robotique médicale. Ce positionnement traduit une montée en compétence technologique, mais aussi un changement de perception des investisseurs. Lent, encore. Mais réel. La diversité des stades de maturité, du précoce au plus avancé, souligne aussi une tension classique du marché. Trouver des financements au bon moment. Ni trop tôt. Ni trop tard.

Un symptôme plus qu’une solution

Au-delà de la compétition, l’initiative met en lumière une contradiction persistante. L’écosystème célèbre l’innovation féminine tout en la finançant marginalement. Les événements comme VivaTech jouent un rôle d’amplificateur. Ils ne remplacent pas les décisions d’allocation de capital. La finale, prévue le 18 juin, offrira une scène. La remise des prix, le lendemain, consacrera une lauréate. Mais la véritable épreuve se joue ailleurs. Dans les comités d’investissement. Dans les arbitrages de risque. Et dans la capacité du marché à considérer ces projets pour ce qu’ils sont. Des entreprises technologiques. Rien de moins.

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement