retour d'expérience

Leroy Merlin met l'IA au service des arbitrages commerciaux 

Leroy Merlin affirme avoir amélioré de 30 % le ROI de son nouveau programme de fidélité et doublé celui de certaines promotions ciblées grâce à un modèle de machine learning développé avec Ekimetrics. 

Publié et mis à jour le 23 juin 20262 min de lecture
Leroy Merlin met l'IA au service des arbitrages commerciaux 

"Une crise chasse l'autre". Pour Jean-Baptiste Niepceron, responsable Data & Connaissance Client chez Leroy Merlin, le contexte actuel impose aux distributeurs de revoir leur manière de piloter leur performance. Inflation, évolution des comportements d'achat, montée en puissance des pure players, des marketplaces ou encore de nouveaux concurrents comme Lidl et Action compliquent les arbitrages. "On n'a pas la capacité d'aller augmenter notre budget d'investissement commercial tous les ans de manière exponentielle et de rentrer dans une course à la surenchère de remises", souligne-t-il. C'est dans ce contexte que Leroy Merlin a lancé, fin 2024, un projet avec Ekimetrics visant à mesurer précisément la valeur créée par ses différents leviers commerciaux. "On faisait depuis des années des investissements sur certains marchés, sur certains produits, mais on ne savait pas si ces investissements-là généraient de la valeur", reconnaît-il. L'objectif était donc de déterminer si chaque euro investi dans les promotions ou la fidélisation produit réellement un retour pour l'enseigne. 

40 000 modèles pour identifier les leviers les plus efficaces 

Pour bâtir son approche, Leroy Merlin a exploité plus de quatre ans de données issues de ses magasins et de son site e-commerce. Le dispositif croise treize leviers commerciaux, près de 200 sous-rayons, différentes régions et plusieurs typologies de clients. "On a 40 000 modèles qui tournent de manière unitaire", indique Jean-Baptiste Niepceron. Leur exécution nécessite jusqu'à 48 heures de calcul. Les premiers enseignements ont permis de confirmer une partie des intuitions des équipes. « On n'a pas eu des découvertes où on s'est dit : 'Ah mince, on a fait les mauvais choix'", explique-t-il. Le nouveau programme de fidélité affiche toutefois "un ROI supérieur de 30 % par rapport à ce qu'on pouvait faire avant avec l'ancien programme payant". Les promotions ciblées se révèlent encore plus performantes, avec "des ROI x2" par rapport aux approches plus généralistes. L'enseigne dit également avoir été surprise par la valeur générée par certaines initiatives locales portées par les magasins. 

Transformer les données en décisions 

Au-delà de la technologie, le principal défi réside dans l'appropriation des résultats par les métiers. Les données sont aujourd'hui restituées via des tableaux de bord Power BI à une trentaine ou une quarantaine d'utilisateurs. "Ils sont un peu perdus avec tous les chiffres qui sont exposés", admet Jean-Baptiste Niepceron. Leroy Merlin travaille désormais au développement d'un simulateur permettant de projeter les conséquences d'un arbitrage budgétaire. "Si j'avais 10 euros de remise sur telle catégorie et que j'en mettais 15, quelle valeur supplémentaire je créerais ?", illustre le responsable. Une manière d'aider les équipes à passer de l'analyse à l'action, sans faire de l'IA une réponse automatique. "Faire un outil qui nous permettrait d'avoir la vérité absolue, ça ne fonctionnerait pas, conclut-il. La data, c'est une première partie de la réponse, mais il y a aussi la logique terrain."

Autres articles

Comment les CISO font évoluer leurs pratiques face à la transformation des attaques par déni de service

Article partenaire

Comment les CISO font évoluer leurs pratiques face à la transformation des attaques par déni de service 

Longtemps cantonné à un sujet réseau et de continuité, le déni de service distribué (DDoS) est devenu un enjeu de gouvernance, de gestion des risques et de résilience. Sa fréquence augmente fortement, ses usages se sophistiquent, et ses cibles débordent largement les seules grandes entreprises. 

Après le piratage du fisc, Lecornu veut la création d'une "nouvelle unité cyber"

cybersécurité intérieure

Après le piratage du fisc, Lecornu veut la création d'une "nouvelle unité cyber"

Sébastien Lecornu a demandé à l'Anssi de constituer une nouvelle unité cyber pour disposer d'une réponse opérationnelle plus réactive aux cyberattaques qui visent la France.

la France a rattrapé son retard mais pas encore comblé son fossé opérationnel

IA en entreprise

la France a rattrapé son retard mais pas encore comblé son fossé opérationnel

En un an, 64 % des entreprises françaises se disent avancées en IA, contre 8 % l'an dernier. L'exécution, pas l'intention, distingue désormais les leaders du reste du marché.

Exfiltration de données : la DGFiP va devoir rendre des comptes

Cyberattaque

Exfiltration de données : la DGFiP va devoir rendre des comptes 

Deux intrusions ont permis l'exfiltration des données de 678 000 contribuables et professionnels. Détectée en juin, la compromission n'a révélé son ampleur qu'après la revendication du pirate, relançant le débat sur les capacités de détection de l'État. 

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...


Préférences de consentement