Enquête

L’IA en santé se heurte encore aux défis de l’intégration et du financement

Une enquête Hub France IA menée auprès d’acteurs de la santé montre que l’intégration technique, le financement et le manque de preuves d’efficacité restent les principaux freins à l’adoption de l’IA. 

Publié et mis à jour le 9 juin 20262 min de lecture
L’IA en santé se heurte encore aux défis de l’intégration et du financement

L’étude Hub France IA a recueilli 1 097 réponses complètes, majoritairement issues du secteur sanitaire (98,5 %). Les utilisateurs représentent 88 % des répondants, contre 12 % pour les fournisseurs de solutions. Du côté des éditeurs, fabricants et intégrateurs, le principal frein identifié est l’intégration des solutions d’IA dans les systèmes d’information existants, citée par 53 % des répondants. Viennent ensuite les difficultés à démontrer le retour sur investissement (51 %), le manque de preuves d’efficacité (35 %) et les incertitudes réglementaires (34 %). Les fournisseurs interrogés soulignent également des difficultés structurelles plus larges : le financement des projets est cité par 60 % d’entre eux, devant l’accès au marché (56 %), les contraintes réglementaires (52 %) et l’accès aux données de santé (51 %). 

Des usages concentrés sur les tâches administratives 

Côté utilisateurs, les usages de l’IA se concentrent principalement sur la réduction de la charge administrative. L’aide à la gestion documentaire et à la rédaction de contenus apparaît comme le premier domaine d’utilisation, devant les usages cliniques liés au diagnostic ou à l’aide à la décision médicale.  Les professionnels utilisant déjà ces outils déclarent en premier lieu des gains de productivité (62 %), suivis d’une amélioration des performances cliniques (41 %) et d’une meilleure personnalisation des soins (28 %).  Selon la synthèse des verbatims, l’IA est aujourd’hui davantage mobilisée pour la rédaction de comptes rendus, la recherche d’informations ou l’aide administrative que pour les activités directement liées au diagnostic ou à la décision thérapeutique.  

Un déficit de formation et d’information 

L’enquête met également en évidence un niveau de connaissance encore limité. Les auteurs estiment qu’environ un tiers des professionnels interrogés disposent d’un niveau de connaissance nul ou très faible en matière d’IA, tandis qu’une majorité possède seulement des connaissances de base ou intermédiaires.  Par ailleurs, 53 % des répondants déclarent n’avoir aucune connaissance des dispositifs publics d’accompagnement ou de formation liés à l’IA, et près de 91 % estiment disposer d’un niveau d’information faible sur ces mécanismes.  Cette méconnaissance se traduit par des attentes fortes en matière d’accompagnement. Pour encourager l’adoption des solutions d’IA, les utilisateurs demandent avant tout des démonstrations concrètes des performances (64 %), des exemples d’efficacité observés sur le terrain (63 %) et un accompagnement technique et humain (60 %). 

Réglementation et preuves d’efficacité au cœur des enjeux 

Les résultats montrent enfin que les questions réglementaires demeurent centrales pour les acteurs du marché. Les fournisseurs citent notamment les délais de certification, le coût de la mise en conformité et les difficultés d’accès aux données comme des freins majeurs au déploiement des solutions.  L’étude souligne également que les difficultés de financement sont étroitement liées au manque de preuves cliniques et économiques. Les établissements de santé comme les investisseurs attendent davantage d’éléments démontrant l’efficacité et la valeur des outils avant d’engager des déploiements à grande échelle. 

Autres articles

Numérique responsable : rejoignez un collectif pour mutualiser les efforts

GreenTechForum 2026

Numérique responsable : rejoignez un collectif pour mutualiser les efforts

Les enjeux numériques de notre siècle sont indéniables : réduction de data, mesure CO₂, IA durable, reporting ESG, transformation durable... Rejoindre un collectif qui transforme des idées en livrables réutilisables, c'est pouvoir agir ensemble, plutôt que de façon isolée.

Rimini Street : le support tiers et l’IA agentique sont de nouveaux moteurs de croissance pour les partenaires

ARTICLE PARTENAIRE

Rimini Street : le support tiers et l’IA agentique sont de nouveaux moteurs de croissance pour les partenaires

Martyn Hoogakker, vice-président du groupe et directeur général EMEA chez Rimini Street, était l’invité de la table ronde ChannelTalks. La discussion a porté sur la pression croissante à laquelle sont confrontées les entreprises dans leurs environnements ERP et VMware, et a exploré comment le support tiers et l’IA agentique ouvrent de nouvelles opportunités de revenus pour les partenaires. 

Parler d'IA ne suffit plus à convaincre les marchés

Baromètre 2026 

Parler d'IA ne suffit plus à convaincre les marchés 

Dans son baromètre 2026, Blue Bridge a analysé les rapports annuels de 275 groupes cotés. Conclusion : les entreprises qui détaillent leur stratégie IA sont mieux perçues par les marchés que celles qui se contentent des déclarations. 

La Chine serre la vis sur l’IA, Cerebras mise sur l’Europe, les 5 infos à retenir cette semaine

REVUE EXPRESS'

La Chine serre la vis sur l’IA, Cerebras mise sur l’Europe, les 5 infos à retenir cette semaine

De la stratégie chinoise sur l'IA aux investissements de Cerebras en Europe, en passant par Apple, l'ONU et SAP, retour sur les faits marquants de la semaine tech.

Numérique responsable : commençons par résoudre des problèmes réels

GreenTech Forum 2026

Numérique responsable : commençons par résoudre des problèmes réels

Les enjeux d'empreinte carbone, d'éco-conception, de sobriété des infrastructures sont indispensables. Mais ils ne doivent pas faire oublier une question simple : à quoi sert réellement le numérique que nous développons ?