Vincent Strubel : “Le FIC est le bon endroit pour lancer un mouvement collectif”
Au Forum InCyber, Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI, explique pourquoi l’agence veut enclencher un “mouvement collectif” de sécurisation du numérique.
Publié et mis à jour le 1er avr. Lecture 3 min.
Vincent Strubel, Directeur Général de l'ANSSI
―Stéphane Bellec / AlliancyPourquoi avoir choisi le FIC pour lancer ce mouvement collectif ?
Nous sommes venus au FIC cette année pour lancer un mouvement collectif. Il n’y a pas de meilleur endroit pour mobiliser tout l’écosystème français de la cybersécurité autour de cet enjeu de sécurisation générale. C’est une réponse nécessaire face à une menace qui n’épargne plus personne et qui est régulièrement illustrée dans l’actualité. Lancer ce mouvement ici, c’est aussi répondre au thème de cette année autour de la maîtrise de nos dépendances.
Quel constat faites-vous aujourd’hui sur l’état du numérique face à la menace cyber ?
Nous faisons le constat d’un numérique que nous ne maîtrisons pas suffisamment face à des attaquants qui sont devenus une présence permanente et qui peuvent encore durcir le ton, dans un contexte géopolitique lui-même de plus en plus tendu. C’est précisément pour cela que nous avons besoin d’un élan collectif de sécurisation, de partage de bonnes pratiques, mais aussi de mise en œuvre concrète de ces bonnes pratiques. Et nous avons ici, au Forum InCyber, un écosystème très fort, avec une énergie collective que nous comptons bien mobiliser pour cet enjeu.
Pourquoi insistez-vous sur la dimension européenne de cette mobilisation ?
C’est un enjeu mondial, bien sûr, mais aussi français, et européen avant tout parce que c’est à cette échelle que se construit aujourd’hui une partie essentielle de la réponse. Il existe des réglementations européennes qui sont des leviers utiles pour agir, mais elles ne feront pas tout. Nous avons besoin de nous mobiliser avec nos partenaires européens, avec les industriels, avec les services publics, tous très présents aujourd’hui, pour avancer dans la même direction autour d’une cause commune.
Que mettez-vous concrètement derrière cette idée de “maîtrise du numérique” ?
L’objectif, c’est de reprendre la maîtrise face à un numérique de plus en plus complexe et face à des attaquants de plus en plus actifs. C’est un sujet qui parle à tout le monde. Pour moi, cela recouvre une Europe capable de maîtriser son numérique en profondeur : en termes de compétences, d’origine des technologies, de capacité d’évaluation, de capacité de choix, mais aussi de capacité à faire appliquer ses propres règles. C’est important de ne pas subir des règles décidées par d’autres que nous. C’est l’ensemble de ces sujets que je mets dans la maîtrise du numérique au sens large.


