Ce que coûte vraiment une fonctionnalité, l’équation qu’AXA DCP n’a pas encore résolue
Au Datadog Summit Paris, le 15 octobre, Arnaud Kalck a détaillé comment AXA Digital Commercial Platform a entrepris de chiffrer chaque fonctionnalité pour vérifier ses prix.

Arnaud Kalck, architecte cloud chez AXA Digital Commercial Platform
Combien coûte réellement le géocodage d’une adresse, cette fonctionnalité qui localise précisément le site d’un client pour évaluer son exposition aux inondations ? AXA Digital Commercial Platform (DCP), la plateforme de services de gestion des risques lancée par le groupe en 2022, a dû se poser la question lorsque des entités d’AXA ont voulu l’utiliser directement en API. Le 15 octobre au Datadog Summit Paris, son architecte cloud Arnaud Kalck a expliqué comment l’entité a entrepris de chiffrer chaque fonctionnalité pour vérifier qu’elle est vendue au bon prix.
“Notre objectif, c’est de piloter cette rentabilité dès les fonctionnalités”, a résumé celui qui dirige aussi l’équipe SRE, pour qui un P&L global “peut cacher des features profitables et d’autres qui ne le sont pas du tout.” Il a souligné l’enjeu pour une offre déclinée en trois niveaux d’accès, où une fonctionnalité très chère et mal tarifée peut grever la marge sans que les comptes consolidés ne le révèlent. La FinOps Foundation a d’ailleurs rangé ce type d’économie unitaire parmi les capacités des seules pratiques matures, la chasse au gaspillage restant la priorité de la plupart des équipes.
Une méthode mais pas encore de verdict
Pour le géocodage, l’équipe a instrumenté chaque appel afin de distinguer l’usage en API de celui de l’interface graphique et d’attribuer chaque requête à son client. Les factures d’AWS, de Databricks et de MongoDB Atlas, agrégées et étiquetées dans l’outil de gestion des coûts de Datadog, ont ensuite été rapprochées de ces usages grâce aux en-têtes baggage d’OpenTelemetry, qui propagent l’identifiant du client tout au long des traces. Le coût par client obtenu n’a pourtant pas dépassé le stade de l’estimation, calculée au prorata de l’usage à partir de tables de correspondance encore statiques et l’intervenant n’a donné aucun chiffre, ni sur l’écart constaté entre coût et prix, ni sur un éventuel tarif révisé. Et a reconnu ne pas savoir encore ventiler les coûts réseau, tout en jugeant ce poste modeste chez DCP.
La présentation a par ailleurs passé sous silence un paradoxe, puisque chaque métrique métier ajoutée pour affiner le calcul est facturée par Datadog au-delà d’un quota par hôte, selon la documentation de l’éditeur. DCP a certes intégré la facture Datadog dans son suivi, en la répartissant entre ses services, mais l’intervenant n’en a pas dévoilé le montant. Le coût est pourtant resté le premier critère de choix d’un outil d’observabilité pour 65 % des professionnels interrogés par Grafana Labs, concurrent de Datadog.
Un frein d’abord humain
Le plus difficile, selon Arnaud Kalck, a été de convaincre product owners (PO) et product managers d’instrumenter des événements cohérents avec la manière dont DCP facture ses services. “On se retrouve autour de la table avec le PO mais aussi avec les gens de la finance pour parler de custom metrics”, s’est-il félicité. La structure, qui compte 40 à 45 profils techniques, n’est en revanche pas parvenue à faire vivre ses relais FinOps dans les équipes. “On n’est pas assez nombreux pour avoir le vrai rôle de FinOps champion”, a reconnu l’architecte, alors que ce modèle décentralisé a été adopté par 81 % des organisations interrogées par la fondation.
L’intelligence artificielle, enfin, est restée entièrement hors du dispositif. “J’estimais que ça n’avait pas de sens de vous présenter quelque chose sur le sujet”, a admis Arnaud Kalck, en renvoyant la question à l’année prochaine.





