Supply chain
Défaillance fournisseur, une entreprise française sur deux redoute la crise
Selon une étude Ivalua, 50 % des entreprises françaises estiment qu'une seule défaillance fournisseur pourrait déclencher une crise majeure de leur chaîne d'approvisionnement.

Le moindre grain de sable suffit parfois à enrayer toute la mécanique. C'est le constat dressé par une étude d'Ivalua menée auprès de 800 décideurs achats et supply chain, dont 200 en France. Trois entreprises françaises sur quatre déclarent avoir subi la défaillance d'au moins un fournisseur critique au cours des douze derniers mois. Pour la moitié d'entre elles, un nouvel incident suffirait à provoquer une crise majeure. Plus inquiétant encore, 67 % reconnaissent gérer les incidents une fois qu'ils surviennent plutôt que de les anticiper, soit la proportion la plus élevée des quatre pays étudiés. Des résultats qui illustrent la difficulté persistante des directions achats à transformer la gestion des risques fournisseurs en véritable levier de résilience, malgré un contexte géopolitique et économique qui pousse les entreprises à renforcer leurs chaînes d'approvisionnement.
Des données visibles, mais peu exploitables
L'étude met en évidence un paradoxe. Les entreprises françaises estiment disposer d'une meilleure visibilité sur les risques liés à leurs fournisseurs que leurs homologues américaines, britanniques ou allemandes. Pourtant, cette connaissance ne se traduit pas par une capacité de réaction plus rapide. Il faut en moyenne 9,5 jours pour identifier un fournisseur alternatif, puis près de 2,2 semaines pour l'intégrer pleinement, le délai le plus long du panel. Durant cette période, 71 % des organisations s'exposent à des ruptures ou à des perturbations opérationnelles. En parallèle, 59 % jugent leurs processus de contrôle des fournisseurs trop lents face à l'évolution des risques. Ce décalage rappelle que la résilience ne dépend pas uniquement de la collecte d'informations, mais aussi de la capacité à les partager et à les exploiter rapidement au sein de l'entreprise.
L'IA freinée par la qualité des données
L'intelligence artificielle apparaît comme une piste pour détecter plus tôt les signaux faibles, mais les fondations restent fragiles. Près d'une entreprise française sur deux ne dispose pas d'une vision unifiée du risque fournisseur et 30 % s'appuient encore principalement sur des tableurs, des e-mails ou des documents pour piloter leur due diligence. Conséquence, 63 % reconnaissent que cette dépendance accroît le risque d'erreurs humaines. Surtout, 55 % des répondants estiment que leurs données fournisseurs ne sont pas suffisamment préparées pour être exploitées par des outils d'IA. Seules 35 % des entreprises utilisent aujourd'hui cette technologie dans leurs processus de surveillance des risques, en retrait par rapport à la moyenne des pays interrogés. Derrière la promesse de l'IA, l'étude souligne ainsi un enjeu plus structurel. Celui de la gouvernance des données et de la modernisation des systèmes achats, préalable indispensable à toute stratégie d'anticipation.




