Santé
France Biotech veut accélérer l’arrivée des innovations de santé jusqu’aux patients
France Biotech dévoile 11 propositions pour accélérer le parcours des innovations françaises, de la recherche académique jusqu’à leur accès au marché.

Un écosystème dynamique, mais des innovations encore trop difficiles à transformer en valeur économique et médicale. C’est le constat dressé ce vendredi 11 septembre par France Biotech lors d’une conférence de presse en ligne. L’association a présenté son Plan d’Accélération de l’Innovation en Santé, élaboré depuis plusieurs mois et transmis aux ministères, aux partis politiques et aux équipes des candidats à la présidentielle de 2027. La France perd notamment du terrain dans la recherche clinique et l’accès des patients reste lent. Les thérapies digitales en sont une illustration : aucune n’est actuellement disponible en France, contre une cinquantaine en Allemagne, même si deux technologies ont récemment reçu un avis favorable de la Haute Autorité de santé (HAS). Pour y remédier, le plan rassemble 11 propositions autour de trois priorités : accélérer le passage de la recherche fondamentale à la recherche appliquée, mieux accompagner les HealthTech dans leur développement et sécuriser l’accès des patients aux innovations.
Les HealthTech doivent pouvoir se développer et produire en France
France Biotech veut d’abord raccourcir les transferts entre recherche publique et entreprises. Le mandataire unique, prévu lorsqu’une technologie appartient à plusieurs institutions académiques, ne serait toujours pas appliqué dans 25 % des cas. L’association souhaite aussi former davantage les chercheurs à l’entrepreneuriat et mieux valoriser leurs collaborations avec le privé. Une fois les start-up créées, l’enjeu devient leur financement et leur développement sur le territoire. Avec une trésorerie moyenne de seulement six à douze mois, elles doivent pouvoir accéder rapidement aux financements, aux données de santé et aux capacités industrielles. France Biotech propose notamment un accès à certains jeux de données en moins de trois mois et une meilleure mise en relation entre biotechs et industriels français. « On ne peut plus […] se contenter d’incantations générales. Il faut vraiment faire de l’orfèvrerie et étudier les possibilités de collaboration », a insisté Frédéric Girard, président de France Biotech.
France Biotech veut rendre l’accès au marché plus prévisible
Dernier maillon de la chaîne : l’arrivée des innovations jusqu’aux patients. France Biotech propose un parcours de consultation précoce permettant aux entreprises d’échanger avec l’ Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la HAS et le Comité économique des produits de santé (CEPS) afin de mieux anticiper les conditions d’accès au marché. L’association veut également faciliter les achats publics innovants, soutenir les précommandes et donner davantage de poids à la production française ou européenne dans les appels d’offres. Elle compte notamment sur la nouvelle Direction de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé du ministère de la Santé pour améliorer la coordination. L’objectif est double : accélérer « le passage de l’invention au patient » tout en conservant davantage de recherche, de développement et de production sur le territoire français.





