IA européenne : la confiance comme arme secrète face aux géants mondiaux

Lors d’une conférence organisée par l’European Trustworthy AI Association, une membre de la Commission européenne a exposé les ambitions européennes pour l’IA, avec comme message essentiel : privilégier la confiance. À travers réglementations, investissements massifs et infrastructures ouvertes, l’UE entend fédérer les meilleurs talents et soutenir toute la chaîne de valeur, de la recherche fondamentale au déploiement industriel.

Publié et mis à jour le 8 octobre 20253 min de lecture
IA européenne : la confiance comme arme secrète face aux géants mondiaux

“L'Europe doit être en mesure de déployer des technologies à forte valeur ajoutée, bien sûr, mais qui respectent également les valeurs européennes”, a énoncé Philip Kelfish, secrétaire général de l’Association pour l’IA, la data et la robotique (ADRA). Lors d’une table ronde organisée par l’European Trustworthy AI Association, la stratégie européenne sur l’intelligence artificielle a été expliquée de long en large. Le mot clé : la confiance, vue comme un atout distinctif sur le marché compétitif des technologies d’IA. “Nous avons besoin de technologies dont la fiabilité et la sûreté sont pleinement reconnues pour qu’elles puissent être déployées sans aucun doute”, a-t-il ensuite ajouté. À l’effigie de cette vision, il existe un texte de loi, l’IA Act : “Une réglementation qui inspire confiance en intégrant la confiance dans la manière dont nous développons et déployons l'IA”, a décrit Cécile Huet, cheffe d'unité Robotique et intelligence artificielle à la Commission européenne.

Prévenir la fuite des cerveaux

Si l’IA Act est le pendant théorique de cette vision européenne, de nombreuses initiatives existent pour créer une IA de confiance. D’abord, fédérer une communauté. L'Union européenne investit par exemple plus de 100 millions d'euros dans des réseaux d'excellence afin de rassembler les meilleurs chercheurs, face aux grands défis du développement et du déploiement de l'intelligence artificielle. “Certains des meilleurs cerveaux ont déjà émigré aux États-Unis... Nous voulons garder ces talents ici, a confié Ana Garcia Robles, secrétaire générale de la Big Data Value Association (BDVA). Et pour cela, leur fournir une infrastructure pour leur travail est essentiel. L’Union européenne donne accès gratuitement à des AI Factories et des Gigafactories, comme EuroHPC, qui offrent des capacités de calcul pour le développement et l'affinement des modèles d'IA.”

Épauler toute la chaîne de valeur

“Nous soutenons toute la chaîne de valeur, de la recherche au déploiement”, a ajouté Cécile Huet. Ainsi, des infrastructures de test et d'expérimentation sont aussi proposées. Elles permettent aux développeurs de tester leurs algorithmes et solutions IA dans des environnements réels ou quasi réels avant leur déploiement. Elles couvrent des secteurs comme l'agroalimentaire, les soins de santé, la fabrication et les communautés intelligentes. Pour aller plus loin, l’UE a aussi mis en route une plateforme nommée “AI on-demand”. L’interface est un outil reliant la recherche, l’industrie, le secteur public et le marché grâce à sa partie “marketplace”. Très complète, la plateforme permet d’accéder à plus de 500 000 ressources en rapport avec l’IA, 17 000 modèles d’IA ou encore 680 000 jeux de données différents. “La majorité des ressources sont en open source”, a précisé Ana Garcia Robles.

Une open-source cruciale

“L’open source est cruciale pour la majorité des chercheurs”, a confié Ana Garcia Robles. Dans la recherche comme pour l’adoption de l’IA, Philip Kelfish a affirmé que “l’open source a prouvé être un accélérateur”. Cependant, un obstacle subsiste : “Parfois, on rencontre une certaine résistance de la part de l'industrie à adopter des solutions open source. Il existe une connotation selon laquelle elles seraient moins sûres. C'est évidemment absurde.” De son côté, Ana Garcia Robles a déclaré voir une tendance positive se dessiner : “Même les entreprises qui ont traditionnellement privilégié les systèmes propriétaires collaborent de plus en plus sur des projets en open source.” Alors, tendance de fond ou passagère ? La clé de la stratégie européenne semble se trouver dans les mains des entreprises.

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