Cyberviolences
Point de Contact mise sur les citoyens face à l'afflux de signalements
Après avoir alerté sur la hausse des cyberviolences et le manque de moyens, l’association Point de Contact se renforce avec un réseau de bénévoles. Une mobilisation dans un contexte de pression réglementaire croissante sur les plateformes.

122 000 signalements en un an. Soit 334 contenus illicites transmis chaque jour à Point de Contact. Derrière ce volume, cinq analystes examinent les signalements adressés à l'association, chargée d'identifier les contenus illicites et d'en obtenir le retrait auprès des plateformes ou des autorités compétentes. Pour élargir son action, elle ouvre un réseau de bénévoles. Leur mission ne consiste pas à analyser les contenus, mais à faire connaître les dispositifs de signalement, relayer les campagnes de prévention et animer des ateliers dans les entreprises, les collectivités ou les associations. Les profils juridiques, techniques ou académiques pourront également contribuer à des travaux d'expertise. L'association cherche ainsi à renforcer un maillon souvent moins visible que la modération elle-même. Mieux informer les internautes pour favoriser le signalement des contenus illicites et limiter la diffusion des cyberviolences avant qu'elles ne s'installent.
Le DSA change les règles, pas les moyens
Le réseau de bénévoles s'inscrit dans un paysage réglementaire en pleine évolution. Depuis l'entrée en application du Digital Services Act, les très grandes plateformes doivent évaluer les risques systémiques liés à leurs services, coopérer avec des signaleurs de confiance et accélérer le retrait des contenus illicites. Point de Contact fait partie de ces acteurs reconnus par les autorités françaises. L'association joue un rôle d'intermédiaire entre les internautes, les plateformes et les services d'enquête. Pourtant, lors d'une audition au Sénat en juin dernier, ses représentants rappelaient que l'application du DSA ne résout pas une difficulté de fond. Le nombre de signalements progresse plus vite que les capacités de traitement. Les missions s'élargissent aussi. Aux analyses de contenus s'ajoutent la sensibilisation, la formation et l'accompagnement des victimes. L'ouverture de ce réseau répond à cette évolution. Elle permet de diffuser davantage les actions de prévention. La question des moyens humains, elle, reste entière.
Point de Contact veut mieux documenter les victimes
L'association lance un appel à témoignages. Les victimes de cyberharcèlement, de diffusion non consentie d'images intimes ou de discours de haine peuvent partager leur expérience. Les proches, les professionnels de l'enfance et les personnes souhaitant revenir sur leurs propres comportements en ligne sont également invités à contribuer. Ces témoignages doivent nourrir les travaux de sensibilisation de l'association et documenter l'évolution des cyberviolences.
Envoyez votre témoignage à l'adresse : communication [@] pointdecontact.net





