L'avenir d’Ubisoft sera-t-il chinois ? Les dés sont jetés

L'entreprise de la “tech” chinoise Tencent vient d’investir au capital de la nouvelle filiale d’Ubisoft, créée en mars 2025. L’occasion de revenir sur ce géant et sa mainmise sur l’industrie du jeu vidéo.

Publié et mis à jour le 31 mars 20252 min de lecture
L'avenir d’Ubisoft sera-t-il chinois ? Les dés sont jetés

La famille Guillemot sera-t-elle encore propriétaire longtemps d’Ubisoft ? L’avenir le dira, mais si l’entreprise française de jeu vidéo venait à être rachetée, son futur propriétaire sera très probablement Pony Ma, le patron de Tencent. Le géant chinois détient 25% de la nouvelle filiale d’Ubisoft réunissant ses sagas à succès, comme Assassin’s Creed. Yves Guillemot a confié miser sur Tencent et sa connaissance des jeux “evergreen”, indémodables et aux revenus récurrents, pour faire de ces sagas “des marques capables de générer un milliard d’euros de revenus annuels ou plus”. La famille fondatrice est d’autant plus intéressée par ces revenus puisqu’elle est endettée depuis plusieurs années.

Une arme à double tranchant

Les 1,16 milliard d’euros versés par Tencent correspondent d’ailleurs quasiment à l’intégralité de la dette nette de l’entreprise. Une bouffée d’air... à deux faces. Pour Ubisoft, l'investissement de Tencent peut être interprété de deux manières. D’une part un soutien financier stratégique pour offrir à l'entreprise française une flexibilité financière accrue, permettant, potentiellement, de stimuler l'innovation et de renforcer sa position sur le marché. Mais, d’autre part, un risque de perte d'indépendance. À long terme, une participation étrangère significative pourrait influencer les décisions stratégiques d'Ubisoft, soulevant derrière des questions sur son autonomie ainsi que la préservation des emplois en France.

La mainmise de Tencent...

Le groupe chinois se permet de telles dépenses dans le but de conquérir l'industrie vidéoludique. Pour rappel, le mastodonte chinois, créé en 1998, domine déjà le numérique avec ses réseaux sociaux QQ et WeChat, ce dernier étant le plus utilisé en Chine. Tencent est aussi un acteur dans l’industrie du cinéma, de la musique, du cloud et bientôt de l’IA. Dans le domaine des jeux vidéo, sa popularité est grande. Certains de ses jeux vidéo sont parmi les plus téléchargés au monde, comme Honour of Kings. Et pour augmenter sa mainmise, Tencent s’est tourné à l’international, en prenant possession de l’éditeur de League of Legends, Riot Games, et de l’éditeur finlandais Supercell (Clash of Clans).

...via une politique d’investissements

La stratégie principale de Tencent reste les investissements, un tous les trois jours de janvier à juin 2021 par exemple. L’entreprise est entrée au capital (40%) de l’éditeur américain de Fortnite, Epic Games, ainsi que d’Activision, de Paradox Entertainement, de From Software ou encore de la licorne française Voodoo. La liste, loin d’être exhaustive, contient aussi tous les niveaux de l’organigramme d’Ubisoft. Depuis 2018, l’entreprise a investi au capital d’Ubisoft à 10% (seuil maximal jusqu’à 2030) mais aussi dans le holding familial d’Ubisoft, Guillemot Brothers, à 49,9%. À cette somme s’ajoutent les parts de Tencent dans la nouvelle filiale, sans nom pour l’instant. Un analyste interrogé par BFM Bourse estime que cette opération, datant du 28 mars 2025, renforce l'idée que Tencent pourrait prendre le contrôle en 2030, la famille Guillemot le conservant d'ici-là.

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