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L'Efrei veut briser l’entre-soi masculin de la cybersécurité
L’École française d'électronique et d'informatique (EFREI) a lancé SHEFREI, une équipe de compétitions d’hacking réservée à ses étudiantes, afin d’attirer davantage de femmes dans la cybersécurité.

C'est le pari de SHEFREI, une équipe 100% féminine de Capture The Flag (CTF) que l'école française d'électronique et d'informatique (Efrei) a présenté mardi 22 septembre dernier. Elle réunit déjà plus de trente étudiantes, de tous niveaux et de toutes les filières de l'établissement, des débutantes aux compétitrices confirmées. Dans la cybersécurité, les compétitions cyber CTF (Capture The Flag) sont une porte d'entrée autant qu'un rite de passage. Il s'agit de retrouver des drapeaux numériques dissimulés dans des systèmes vulnérables, des fichiers à analyser ou des traces à reconstituer. On y apprend le métier, on s'y fait un nom, on y noue des contacts qui mènent souvent à un premier poste. Encore faut-il s'y sentir à sa place.
Le déséquilibre est documenté. Selon une étude publiée en 2025 par l'ISC2, association internationale de professionnels de la sécurité informatique, les femmes représentent 22 % des effectifs de la cybersécurité dans le monde. Un chiffre qui ne dit rien des compétences, mais beaucoup des représentations : l'image de l’hacker solitaire, masculin, reste tenace et les espaces d'apprentissage informels comme les compétitions ont longtemps été des cercles fermés.
Un secteur qui s'est construit sans elles
Fériel Bouakkaz, enseignante-chercheuse en cybersécurité et responsable de l'équipe, entend précisément ouvrir ces cercles. “Avec SHEFREI, nous souhaitons rendre plus accessibles les compétitions en cybersécurité, et éviter que des jeunes filles ne s'autocensurent en montrant qu'il s'agit d'un domaine accessible et passionnant”, explique-t-elle dans le communiqué de l’école.
Le programme de l'année articule formation technique et création de réseau avec des entraînements aux CTF, enquête en sources ouvertes (OSINT), investigation numérique (forensic), rencontres avec des professionnelles du secteur, visites d'entreprises. Un partenariat avec le Cercle des femmes de la cybersécurité doit permettre aux membres d'être accompagnées par des mentores déjà en poste. Iman Ouachtar, étudiante en dernière année de la majeure cybersécurité, infrastructures et logiciels, en mesure déjà les effets. L'équipe lui a permis de découvrir les compétitions, d'approfondir ses compétences, de se constituer un réseau et de trouver son alternance. Dans un même communiqué, elle explique que “l'initiative permet de mettre en valeur les femmes dans un univers assez masculin”, avant d’ajouter “si SHEFREI avait existé dès mes années de prépa à l'Efrei, je me serais sans doute orientée plus tôt vers la cybersécurité !” D'autant que, selon le cabinet Robert Half, ce secteur reste la compétence la plus recherchée par 47 % des recruteurs tech au premier semestre 2026.





