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Cloud et logiciels menacent l’économie européenne avec 140 milliards d’euros de surcoûts annuels d’ici 2030

Les hausses de prix du cloud et des logiciels pourraient coûter 140 milliards d’euros par an aux organisations européennes d’ici 2030, dont 93 milliards sortiraient de l’économie européenne, selon Asterès pour le Cigref.

Publié et mis à jour le 2 juin 20262 min de lecture
Cloud et logiciels menacent l’économie européenne avec 140 milliards d’euros de surcoûts annuels d’ici 2030

Selon l’étude De la dépendance technologique à la captation économique, publiée par le cabinet Asterès à la demande du Cigref (association regroupant 160 grandes entreprises et administrations publiques utilisatrices de numérique), les prix des services cloud et logiciels ont augmenté en moyenne de 8,7 % par an sur les trois dernières années. Cette dynamique devrait s’accélérer à +12 % par an d’ici 2030. Les auteurs estiment que cette trajectoire de coûts est jugée non soutenable par 71 % des directeurs du numérique interrogés dans le cadre de l’étude. Celle-ci souligne également que les gains de productivité associés aux fonctionnalités d’intelligence artificielle intégrées par les principaux fournisseurs de cloud et de logiciels restent, à ce stade, largement théoriques et peu mesurés à grande échelle dans les organisations européennes. 

Une dépendance forte et une captation de valeur hors d’Europe 

Le marché européen du cloud et des logiciels est estimé par Asterès à environ 400 milliards d’euros de dépenses annuelles en 2025. Cette dépense est en grande partie captée par des acteurs extra-européens, notamment américains. L’étude indique qu’environ 264 milliards d’euros d’achats réalisés par des organisations européennes bénéficieraient à des entreprises américaines, traduisant une forte concentration du marché et une dépendance structurelle de l’Europe à ces fournisseurs. Cette configuration se traduit par une captation de la valeur ajoutée hors du continent, avec des effets directs sur les capacités d’investissement et d’innovation de l’écosystème européen. 

Un effet d’éviction sur l’investissement et l’économie productive 

Pour faire face à la hausse des coûts, les organisations européennes adaptent leurs arbitrages budgétaires. Selon les résultats de l’étude, 47 % des répondants déclarent réduire leurs autres dépenses numériques, tandis que 33 % augmentent leur budget global pour absorber la hausse des coûts liés au cloud et aux logiciels. Ces ajustements entraînent un effet d’éviction sur l’économie productive européenne. Les dépenses en ESN, en recherche et développement et en recrutements sont identifiées comme les principales variables d’ajustement. À l’horizon 2030, le surcoût moyen de 140 milliards d’euros par an est estimé dont 93 milliards d’euros sortiraient durablement de l’économie européenne, selon Asterès. L’impact global est évalué à 107 milliards d’euros de valeur ajoutée perdue, soit environ 0,6 point de PIB et jusqu’à 1,4 million d’emplois potentiellement concernés. 

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