Conférence

À Cyber-IA Expo, NIS2 sous lumière froide

Mardi 3 février, au Palais des Congrès de Paris, la 2ᵉ édition de Cyber-IA Expo s’est ouverte sur un constat partagé par Michel Van Den Berghe et Anne Le Hénanff : face à l’industrialisation de l’IA, NIS2 devient l’axe structurant de la cybersécurité européenne. 

Publié et mis à jour le 4 février 20263 min de lecture
À Cyber-IA Expo, NIS2 sous lumière froide

Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique

Fiona Slous / Alliancy

Dès les premières minutes, l’atmosphère s’impose : dense, feutrée, presque chirurgicale. Anne Le Hénanff est attendue, et c’est déjà tout l’enjeu de la matinée. Ce mardi 3 février, au Palais des Congrès de Paris, la deuxième édition de Cyber-IA Expo réunit un public de décideurs cyber, d’industriels et d’acteurs de l’IA venus chercher des réponses concrètes, pas des intentions. L’amphithéâtre fait salle comble, mais reste silencieux. Sur scène, Michel Van Den Berghe, co-fondateur de Cyber-IA Expo, ouvre la journée en posant le décor stratégique avant la parole politique : “L’objectif est de faire travailler ensemble deux mondes qui avancent encore trop en parallèle”. Plus tard, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, clôture la matinée et ancre ce constat dans le droit. “Le projet de loi Résilience transpose la directive européenne NIS2”, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a rappelé. Dans cette salle sombre, découpée par une lumière blanche, NIS2 apparaît d’emblée comme la charnière entre IA et cyber. 

 

L’IA devance la sécurité  

 

Le fil de la matinée est clair : l’IA s’est imposée plus vite que les cadres censés l’absorber. “Nous sommes passés d’une IA conceptuelle à une IA produit”, a constaté Michel Van Den Berghe, évoquant des usages désormais intégrés aux processus métiers, aux opérations industrielles et aux systèmes décisionnels. Cette accélération, la ministre ne la conteste pas. Elle en mesure les effets collatéraux. “Les entreprises n’ont pas attendu l’entrée en vigueur du texte pour commencer à se mettre en conformité”, a-t-elle reconnu. Dans l’amphithéâtre, le silence reste constant, presque clinique. Chacun sait que cette conformité anticipée s’est souvent faite sans cadre stabilisé, dans un contexte où la surface d’attaque s’élargit à mesure que l’IA s’industrialise. “Secure by design n’est pas encore rentré dans les mœurs”, a averti Michel Van Den Berghe, co-fondateur de Cyber-IA Expo. Un discours, aucune réaction, le constat est seulement partagé. 

 

La structuration du marché européen questionnée 

 

C’est précisément à cet endroit que NIS2 devient le point de convergence des discours. “Ce texte est attendu, je dirais même scruté de très près”, a souligné la ministre, consciente de la pression exercée par l’écosystème. Loin d’un discours d’incitation, Anne Le Hénanff adopte un ton de cadrage. “Vous pouvez compter sur mon engagement pour que ce texte soit inscrit le plus rapidement possible”, a-t-elle assuré. En creux, le propos répond aux inquiétudes formulées à l’ouverture sur la structuration du marché. “Il n’y a pas de véritable marché européen”, a rappelé Michel Van Den Berghe, co-fondateur de Cyber-IA Expo. Il a également évoqué les difficultés de passage à l’échelle et de consolidation. Dans cette configuration, NIS2 n’est plus seulement une obligation, il s'agit d’un levier potentiel de normalisation, voire de rééquilibrage. 

 

L’IA renforce autant l’attaque que la défense 

 

Sur l’IA, les discours convergent sans se confondre. “L’intelligence artificielle constitue à la fois une source d’opportunités et de risques”, a rappelé la ministre, évoquant productivité, automatisation et détection accrue. Mais l’avertissement est net. “Les systèmes d’IA sont exposés à des vulnérabilités spécifiques liées à leur propre modèle”, a insisté Anne Le Hénanff. Une réalité déjà évoquée sous un autre angle. “Les attaquants utilisent aussi l’IA pour être plus rapides et plus précis”, avait expliqué le co-fondateur de Cyber-IA Expo. Deux registres, une même conclusion : sans cadre robuste, l’IA accélère autant la défense que l’attaque et met sous tension des organisations déjà fragilisées. Entre une plénière à la rigueur presque chirurgicale et des espaces exposants saturés, Cyber-IA Expo confirme sa place comme thermomètre d’un écosystème sous pression. Après Paris, l’événement se projette à Munich, le 24 juin 2026, où cette articulation entre IA, cyber et régulation européenne sera mise à l’épreuve, hors du cadre français. 

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