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Femmes dans la tech : encore trop de freins aux prises de parole publiques

Malgré les efforts réalisés ces dernières années, les stéréotypes et l'autocensure restent des obstacles majeurs à la féminisation des métiers du numérique.

Publié et mis à jour le 21 août 20262 min de lecture
Femmes dans la tech : encore trop de freins aux prises de parole publiques

Alors que les entreprises du numérique, de la cybersécurité et de l'industrie peinent toujours à recruter, attirer davantage de femmes suppose aussi de lever les freins liés à la confiance en soi et à l'expression face aux pairs et à des audiences variées. C'est l'un des messages qui a été répété lors du Tech Boost'her National, événement organisé par Social Builder autour de l'accès des femmes aux métiers d'avenir. Invitée à partager son expérience, Sarah Nicole, ancienne présidente de l'association Graines d'Orateur, a rappelé que l'éloquence ne consiste pas à reproduire un modèle, mais à savoir adapter son discours à son interlocuteur. « S'adapter, c'est la compétence la plus importante lorsque l'on prend la parole, parce qu'on ne parle pas pour nous, on parle pour les autres », a-t-elle expliqué. Pour l'intervenante, ces compétences relationnelles prennent une importance croissante à mesure que les tâches les plus techniques sont automatisées par l'intelligence artificielle. 

Les secteurs en tension peinent encore à attirer les femmes 

Les difficultés de recrutement observées dans les métiers techniques ne s'expliquent pas uniquement par un déficit de candidats, mais aussi par un manque de projection des femmes vers ces carrières. Caroline Riffard, directrice régionale adjointe de France Travail Île-de-France, rappelle que l'industrie, le bâtiment et le numérique concentrent plus de 190 000 offres d'emploi dans la région. « Les femmes n'envisagent pas parce qu'elles n'osent pas », résume-t-elle. Pour dépasser ces représentations, France Travail privilégie des dispositifs d'immersion tels que le défi "Forindustrie", une expérience immersive inspirée des jeux vidéo, des démonstrations en réalité virtuelle ou encore des événements de recrutement permettant aux candidates de découvrir concrètement les métiers avant de s'y engager. 

La cybersécurité veut casser le mythe du profil unique 

Les acteurs de la cybersécurité cherchent eux aussi à déconstruire les stéréotypes qui freinent la diversification des profils. Pour Maria Delgado, Program Manager cybersécurité et membre du CEFCYS (Cercle des Femmes de la Cybersécurité), le secteur ne se limite ni aux profils d'ingénieurs ni à l'image du « hacker solitaire ». Gouvernance, gestion des risques, sensibilisation ou réponse à incident offrent des débouchés accessibles à des parcours très variés. Pour illustrer cette diversité, elle a évoqué l'exemple d'une ancienne ostéopathe devenue responsable d'une équipe SOC. « La technique, ça s'apprend... le cyber, c'est un sujet d'abord humain », a-t-elle affirmé, avant d'encourager les femmes à valoriser leurs expériences professionnelles, quelles qu'elles soient : « Votre parcours, vos expériences, les bonnes et les moins bonnes, c'est votre force, ce n'est pas un handicap. » 


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