cybersécurité intérieure
Après le piratage du fisc, Lecornu veut la création d'une "nouvelle unité cyber"
Sébastien Lecornu a demandé à l'Anssi de constituer une nouvelle unité cyber pour disposer d'une réponse opérationnelle plus réactive aux cyberattaques qui visent la France.

Le Premier ministre a demandé mercredi à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) de constituer une nouvelle unité cyber pour offrir une "réponse opérationnelle plus réactive" aux cyberattaques qui visent la France, comme le récent vol des données du Fisc. "Il y a urgence à concevoir et conduire sans délai une réponse opérationnelle plus réactive et plus forte aux cyberattaques que l'Etat rencontre actuellement. Il faut reprendre l'initiative sur le terrain", écrit le Sébastien Lecornu dans un courrier adressé au secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, dont les services chapeautent l'Anssi. "Je vous demande de constituer une équipe de contact composée d'agents de l'Anssi et chargée d'intervenir en première ligne en cas de suspicion d'atteinte grave à l'intégrité du système d'information de l'Etat", appuie Sébastien Lecornu dans ce courrier dont l'AFP a obtenu copie. Le chef du gouvernement demande également au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, Nicolas Roche, qu'une "proposition d'organisation et de règle d'engagement de cette nouvelle unité", qui vise à accélérer le travail d'investigation, lui soit présentée d'ici vendredi.
Peu de ministères au niveau requis...
Le Premier ministre reconnaît et déplore qu'en termes de cybersécurité, "peu de ministères sont au niveau requis" en France. "Ce n'est pas acceptable", ajoute-t-il. "La cybersécurité n'est pas qu'une affaire de crédits. C'est aussi une discipline", a insisté M. Lecornu sur X, en appelant à la bonne "hygiène numérique de chacun". Interrogée par l'AFP, l'Anssi n'a pas souhaité faire de commentaire à ce stade. Lundi, le Premier ministre avait déjà demandé à cette agence, créée en 2009 et chargée de coordonner le champ de la défense et de la protection des systèmes d'information français, de réaliser un "audit approfondi" sur le vol de données ayant affecté la Direction générale des finances publiques (DGFiP). La DGFiP a confirmé le 14 août deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, ainsi que le vol de données concernant au moins 678.000 particuliers et professionnels et environ 200.000 comptes présents dans ses fichiers cadastraux. Parmi les informations fiscales des particuliers dérobées figurent les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou encore le taux de prélèvement à la source.
... et un système d'information d'État très complexe
Cette attaque s'ajoute à une longue liste de faits similaires visant des administrations et des services publics, relançant le débat sur le niveau de préparation de l'Etat. Mi-avril, l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), qui gère les demandes de pièces d'identité, a notamment été frappée par une attaque massive, concernant les données de près de 12 millions de particuliers et de professionnels. La France figure ainsi parmi les pays les plus ciblés par des cyberattaques, en raison de l'attractivité de ses données mais aussi de certaines faiblesses de ses défenses. "On a un système d'information de l'État qui est tellement complexe, qui représente des milliers et des milliers d'applications dont le pilotage n'est pas uniformisé, dont les choix technologiques sont d'une très grande hétérogénéité", avait détaillé en mai le directeur général de l'Anssi, Vincent Strubel, lors d'une audition à l'Assemblée nationale par la commission de la Défense nationale et des Forces armées. "C'est là-dessus qu'il faut agir en priorité pour mieux sécuriser l'État, reprendre la maîtrise", avait-il ajouté.
Dans cette optique, Sébastien Lecornu a annoncé en mai la création d'une nouvelle Autorité du numérique et de l'intelligence artificielle de l'Etat et une enveloppe de 200 millions d'euros pour muscler et unifier la stratégie de cybersécurité de l'Etat. L'Anssi a disposé de son côté d'un budget de 44,2 millions d'euros (hors masse salariale) en 2025 et compte environ 650 agents, selon son rapport annuel.





