Du labo à l'industrie

De Vinci lance neuf thèses pour rapprocher IA, cybersécurité et besoins industriel

Pour la rentrée 2026-2027, le De Vinci Research Center accueille neuf doctorants. Avec Thales, Woosmap ou encore le CNES, leurs travaux ciblent des applications industrielles concrètes.

Publié et mis à jour le 3 novembre 2026
3 min.
De Vinci lance neuf thèses pour rapprocher IA, cybersécurité et besoins industriel

Faire dialoguer une IA avec une carte, anticiper les failles informatiques ou répartir des calculs entre satellites. Pour sa rentrée 2026-2027, le De Vinci Research Center (DVRC), laboratoire commun à l'école d'ingénieurs ESILV et à l'école de management EMLV, accueille neuf doctorants sur des sujets à forte portée industrielle. Annoncés le 2 novembre, ces travaux associent notamment Thales Global Services, Woosmap, le Centre national d'études spatiales (CNES) et l'Agence de l'innovation de défense (AID). L'objectif est de confronter la recherche scientifique aux contraintes opérationnelles des entreprises. Plusieurs projets s'inscrivent dans le dispositif des conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE), associant un doctorant, une entreprise et un laboratoire. Le DVRC entend ainsi explorer des technologies encore expérimentales tout en préparant leur transfert vers des usages professionnels.

Une IA sous contrôle

La fiabilité de l'intelligence artificielle occupe une place importante dans cette nouvelle promotion. Avec Woosmap, le doctorant Antoine Sese travaille sur une IA capable d'interpréter des demandes géographiques en langage naturel. Au-delà du calcul d'itinéraires ou de l'optimisation des livraisons, le système devra expliquer les données mobilisées pour produire ses réponses. Une exigence de transparence également au cœur des travaux de Yasmine Guerniche, menés avec l'Université de Haute-Alsace. Sa recherche porte sur une empreinte numérique capable d'identifier un jeu de données malgré les changements de format et de détecter d'éventuelles modifications. En cybersécurité, Myriam Ouraou étudie avec Thales Global Services les interactions entre vulnérabilités informatiques. L'enjeu est de repérer les combinaisons de failles les plus dangereuses pour mieux hiérarchiser les correctifs. Ces recherches abordent ainsi deux difficultés des entreprises : justifier les résultats de l'IA et anticiper les risques numériques.

Des serveurs dans l'espace

Les infrastructures spatiales constituent un autre terrain d'expérimentation. Financé par l'AID, le projet d'Hugo Robin explore la répartition de calculs informatiques entre plusieurs satellites. À terme, ces équipements pourraient traiter davantage de données en orbite, sans dépendre systématiquement des transmissions vers la Terre. La coordination des satellites, leurs ressources énergétiques et les interruptions de communication restent toutefois des obstacles techniques majeurs. Avec le soutien du CNES, Sarah Chaaly s'intéresse à un autre défi spatial. Ses travaux visent à améliorer la simulation des écoulements dans les moteurs de fusée fabriqués par impression 3D. Les irrégularités des surfaces imprimées peuvent perturber la circulation des fluides et affecter les performances. En affinant les modèles numériques, cette recherche pourrait aider les industriels à optimiser la conception des systèmes de propulsion avant leur fabrication.

Des applications au-delà du numérique

Le programme s'étend également aux matériaux, à l'agriculture et à la finance. Avec le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), des recherches portent sur des structures imprimées en 3D, plus légères et résistantes à la propagation des fissures. Leurs applications potentielles concernent notamment l'aéronautique et les transports. En partenariat avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), Ghaith Chamaa cherche à reconstituer des arbres fruitiers en trois dimensions pour détecter certains signes de stress et améliorer le suivi des vergers. Lorenzo Boscolo Baiocolo travaille, avec Agora pour l'Habitant, sur la valorisation financière de dispositifs d'accession à la propriété après une période de location. Le DVRC évoque aussi des recherches sur l'aide aux équipes commerciales et l'analyse de données, sans détailler tous les projets.


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