alliance stratégique
L'Inria et Fraunhofer rejoignent EuroCommons pour soutenir les logiciels critiques européens
Ce lundi 2 novembre à Berlin, la Caisse des Dépôts, l'Inria et l’allemand Fraunhofer ont signé à Berlin un accord pour développer des logiciels open source stratégiques et réduire les dépendances européennes.

Développer un logiciel ouvert ne suffit pas. Encore faut-il réunir les moyens de l'entretenir et de le faire évoluer. La Caisse des Dépôts, Inria et l'allemand Fraunhofer ont signé, le 2 novembre à Berlin, un protocole d'accord pour renforcer les communs numériques stratégiques européens. Cette coopération de recherche et développement s'inscrit dans EuroCommons, une initiative lancée en juillet dans le cadre de la feuille de route Horizon numérique 2030 de la Caisse des Dépôts. Son ambition est de fédérer les grandes directions des systèmes d'information (DSI), les institutions publiques et les communautés open source autour de logiciels critiques. Les partenaires veulent mutualiser leur développement et leur maintenance pour faciliter la migration vers des solutions ouvertes et pérennes. Avec cet accord franco-allemand, EuroCommons entend désormais mobiliser la recherche pour lever les obstacles techniques freinant cette transition et réduire les dépendances logicielles européennes.
La recherche à l'épreuve des DSI
Pour y parvenir, les trois partenaires envisagent plusieurs formes de coopération scientifique. Des échanges préparatoires pourraient déboucher sur des projets communs, des travaux de recherche financés sur fonds publics ou des contrats confiés par la Caisse des Dépôts aux deux instituts. Leurs expertises répondent à des besoins distincts. Fraunhofer, organisme allemand de recherche appliquée, mobilisera notamment les compétences de son institut ISST sur les espaces de données, ou data spaces. Ces architectures visent à organiser des échanges de données maîtrisés entre organisations. L'Inria apportera ses travaux en sciences du numérique et son expérience dans la coordination de la recherche française en intelligence artificielle. L'objectif est de rapprocher ces capacités scientifiques des difficultés rencontrées par les coalitions EuroCommons. Maintenance, interopérabilité et adaptation aux besoins des grandes organisations constituent autant de conditions pour faire des logiciels ouverts des alternatives crédibles.
Des engagements encore à concrétiser
Cette coopération repose toutefois sur un protocole d'accord et non sur un programme de développement déjà financé. Aucun budget, calendrier de livraison ou logiciel prioritaire n'a été annoncé. Le dispositif devra donc préciser ses premiers chantiers et les modalités de leur prise en charge. "Nous devons repenser notre façon d'agir en Europe en renouvelant les partenariats public-privé, en développant des communautés open source d'envergure mondiale et en alignant nos stratégies et nos feuilles de route", a déclaré Bruno Sportisse, PDG de l'Inria. Pour la Caisse des Dépôts, l'enjeu est aussi de rassembler suffisamment d'utilisateurs autour des mêmes solutions afin d'en partager les coûts et les évolutions. EuroCommons cherche ainsi à dépasser les initiatives isolées, souvent fragilisées par le manque de moyens consacrés à leur entretien. La première étape consistera à transformer ce rapprochement scientifique en projets logiciels identifiés.





