Equipement - La visioconférence se démocratise

Ses prouesses technologiques, associées aux impératifs de réduction des coûts dans les entreprises, ont fait sortir la visioconférence des salles de direction.

Publié et mis à jour le 14 octobre 20143 min de lecture
Equipement - La visioconférence se démocratise

Ses prouesses technologiques, associées aux impératifs de réduction des coûts dans les entreprises, ont fait sortir la visioconférence des salles de direction.

Auteur : Patricia Dreidemy

«Ma société s’est équipée d’une très belle salle multividéo dès 2000. Malgré tout, c’était sympa de partir à Madrid le mardi après-midi, faire la réunion le mercredi et le jeudi, prendre le vendredi en RTT et déplacer le vol de retour au dimanche soir. On faisait alors le fameux 3 x 8 : huit heures de réunion, huit de bonne fête et huit heures de sommeil. » Les paroles de cet ingénieur d’un grand compte français, un brin nostalgique, témoignent d’une époque quasi-révolue. Depuis, la crise est passée par là. La réduction des coûts, la mondialisation, la mise en place de politiques de développement durable sont autant de facteurs qui ont favorisé la visioconférence. Dans un même temps, les performances des technologies vidéo se sont accrues, tandis que les outils de communications unifiées investissaient les entreprises. « La visioconférence en devient une caractéristique et, non plus, une simple application », faisait remarquer Andrew W. Davis, analyste chez Wainhouse Research, lors du Business Breakthrough Event, organisé par Imago en juin dernier. L’arrivée de la génération des Millenials (nés après 1980) n’a pas été sans incidence sur le développement des usages. Une étude mondiale de Cisco, en 2013, auprès de jeunes cadres de moins de 35 ans révèle que 87 % préféreraient travailler pour une entreprise équipée en visioconférence.

L’outil de prédilection des DRH

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Solutions simples, sécurisées et nomades

Sans oublier la baisse des prix et la simplification de l’offre. « Nous sommes passés d’un marché basé sur le matériel et l’offre à un marché où l’utilisateur final est en train de prendre la main, affirme José Jacques-Gustave, président et fondateur de G2J, fournisseur de service de visioconférence créé en 1994. Le cloud en est un bon exemple : les attentes sont clairement orientées sur des solutions simples, sécurisées et nomades. » Sur le marché, l’offre est large, embrassant solutions pour salles de réunion et groupes, terminaux indi- viduels dédiés, logiciels pour poste personnel (PC, tablette, smartphone) et pour plates-formes, sur site ou en mode cloud ou, service de Web conférence en mode SaaS, intégrant la vidéo. Arkadin a ajouté cette fonction en 2010. « Les clients estiment qu’elle fait partie de la collaboration à distance », confie Joseph de Villèle, responsable vidéoconférence pour la zone EMEA. Les constructeurs ont développé des plates-formes pour faire interopérer tous les terminaux, qu’ils soient internes ou externes à l’entreprise. « La mixité des solutions participe à augmenter les usages, car elle rompt le silo entre salles de vidéoconférence et vidéo sur poste de travail », estime Fabien Médat, directeur technique Collaboration chez Cisco France. Le groupe Alain Afflelou, présent avec 950 magasins en France et en Espagne et avec près d’une centaine dans d’autres pays, a choisi un environnement de communications unifiées reposant sur Microsoft Lync Server 2013, complété par une plate-forme de collaboration vidéo Polycom. Ses principaux sites possédaient déjà depuis des années des systèmes de visioconférence pour salle de réunion. Grâce à la solution Polycom CloudAxis déployée début 2013, Afflelou organise des réunions en salle ou via des micro-ordinateurs avec ses salariés et partenaires équipés de PC ou d’appareils mobiles, et avec ses magasins franchisés. « Elles sont plus efficaces et animées que les réunions téléphoniques », affirme Ludovic Tassy, DSI chez le lunettier. Elément clé du projet, un portail permet aux franchisés de planifier des entretiens avec Alain Afflelou. La DRH a réduit la fréquence de ses déplacements et gère même les recrutements via la visioconférence. Celle-ci facilite par ailleurs la formation du personnel dans les mille franchises. « Avoir un sponsor qui soutient l’initiative – ici notre président – est une aide précieuse. Tout comme il est important de mener le projet par étapes en communiquant bien sur les outils, souligne Ludovic Tassy. La communication et la formation des utilisateurs n’ont pas été optimales », reconnaît-il.

87% C’est le pourcentage de jeunes cadres de moins

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