Face aux cybermenaces, les employés de PME n’ont toujours pas les bons réflexes

Plus d’un dirigeant de PME sur deux sous-estime son exposition aux cyberattaques. Pourtant, 18 % des employés en moyenne tombent encore dans le piège du phishing. Face à ce constat, les experts appellent à un changement de posture.

Publié et mis à jour le 18 mars 20252 min de lecture
Face aux cybermenaces, les employés de PME n’ont toujours pas les bons réflexes

Un clic peut suffire à faire vaciller une entreprise. Pourtant, plus d’un dirigeant de PME sur deux ignore encore l’ampleur du risque cyber, laissant la porte grande ouverte aux hackers selon Cybermalveillance.gouv.fr. « Comment voulez-vous mettre en place des outils pour se protéger des cyberattaques, si on pense être préservé ? », s’étonne Jérôme Notin, son directeur général, lors d’une table ronde organisée par le Cyber Show en début d’année pour sensibiliser les PME. Si le diagnostic fait l'unanimité, une question brûle les lèvres : comment inscrire la culture du cyber dans une entreprise ? Pour Marie-Noëlle Brisson, administratrice certifiée de l'IFA et co-fondatrice de Cyber Ready, ouvrir le dialogue constitue le premier pas, c’est-à-dire ne plus restreindre la cybersécurité à la filière RSSI et sensibiliser toutes les strates, du directeur général au stagiaire estival. Les collaborateurs doivent être des acteurs proactifs de la sécurité numérique et il en va de même pour les fournisseurs, quitte à externaliser une partie du budget cyber. « Ils appartiennent tous à la supply chain. Malheureusement, la chaîne est aussi forte que le maillon le plus faible », explique la membre de l’IFA.

18 % des salariés trompés par le phishing

D’autant plus que tous les membres de l’entreprise peuvent endosser la posture du maillon faible, devenir une porte d’entrée aux cyberattaques. De ce constat est né Riot, une plateforme d'évaluation et de gestion des risques de cybersécurité. La start-up française lance des campagnes de phishing pour évaluer la vulnérabilité des entreprises. Résultat. 18% des employés en moyenne tombent dans le piège. Mais pour Benjamin Netter, fondateur de Riot, restreindre la formation des agents aux bonnes pratiques numériques au travail, reviendrait à oublier leurs agissements quotidiens. « Les risques et les attaques sont plus rapides que la diffusion de la culture cyber. Ça ne sert à rien de comprendre ce qu’est un ransomware, il faut surtout changer de posture », déclare le jeune entrepreneur. Le décloisonnement de la vie personnelle et professionnelle - engendré par la période COVID - offre davantage de portes d’entrée aux hackers. Ces-derniers personnalisent donc leurs intrusions en fonction des faiblesses personnelles accumulées sur le long terme. Pour s’adapter à cette réalité, Albert, le chatbot de Riot, personnalise la formation des salariés en fonction de leur score Karma – niveau de posture individuelle. « L’authentification forte ne doit pas concerner que les outils professionnels. En revanche, forcer les employés à changer de mot de passe tous les 90 jours, c’est une fausse bonne idée », souligne Benjamin Netter. Cette pratique crée en effet une opportunité d’e-mails frauduleux et convaincants, informant de l’expiration du mot de passe. Le tout reste de déculpabiliser les collaborateurs pour permettre la correction des erreurs.

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement