[Edito] Cloud souverain : 2024, année zéro

L’intelligence artificielle générative (IAG) va continuer à dévorer le monde en 2024. Un bref coup d’œil au CES à Las Vegas suffit d'ailleurs à le confirmer.

Publié et mis à jour le 12 janvier 20243 min de lecture
[Edito] Cloud souverain : 2024, année zéro

L’intelligence artificielle générative (IAG) va continuer à dévorer le monde en 2024. Un bref coup d’œil au CES à Las Vegas, grand-messe de l'innovation mondiale, suffit d'ailleurs à le confirmer. En la matière, la lutte de la France et de l'Europe pour rester dans une course au sein de laquelle elles ont déjà pris beaucoup de retard, inquiète. Comme toujours. De quoi rappeler les errements connus lors de la conquête du cloud, dans les années 2010. Or, il s'avère que l'année 2024 pourrait être aussi celle du cloud, justement.

D'une part, parce que la valeur de l'IAG viendra sans conteste de son exploitation dans le cloud, qui en sera donc l'un des moteurs clés. Mais surtout car les prochains mois devraient fixer le sort de l'EUCS, le fameux schéma européen de certification des clouds. Ce dispositif, véritable clé de voûte des ambitions de l'UE pour instaurer des clouds de confiance et des clouds souverains, est au centre d'une sourde bataille depuis deux ans.

Son déploiement est d’ailleurs à dénombrer au rang des grands absents de ce début d'année, alors que la fin 2023 avait été promise par ses architectes comme une échéance clé sur le chemin de son adoption. On pensait la France, l'Allemagne et les Pays-Bas tombés, plus ou moins, d'accord autour d'un compromis. C’est à un revirement notable que l’on a en réalité assisté. L'absence d'annonce ne présage rien de bon sur l'avancée des négociations, alors que se profilent en juin des élections européennes parmi les plus clivantes de ces dernières années. Elles sont de nature à paralyser les gouvernements sur les questions multilatérales structurantes. En privé, des dirigeants du numérique français s'inquiètent désormais d'un silence qui leur paraît aussi assourdissant que de mauvais augure. Leur principale crainte ? Celle d'un EUCS vidé de sa substance…

L’enjeu d’une forte protection vis-à-vis des législations extraterritoriales dans le plus haut niveau de la certification est en effet le sujet qui fâche : c’est une condition essentielle pour la France et au contraire une ligne rouge pour plusieurs autres pays menés par les Pays-Bas.

Le sujet est d'autant plus observé en France que l'adoption d'un schéma européen obligerait mécaniquement à l'abandon de celui que l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) a fait émerger pour l'Hexagone : SecNumCloud. Des entreprises et des administrations de secteurs sensibles appellent de leurs vœux depuis des années l'apparition d'alternatives de confiance, rendues possibles ces derniers mois sous le regard vigilant de l'Anssi. Pour les alternatives en question, dont NumSpot, la dernière en date, un EUCS médiocre qui remplacerait le gage SecNumCloud serait un sérieux coup porté aux investissements prévus et à ceux déjà consentis.

Nombreux sont ceux qui associent cette année leurs vœux avec l'expression de leurs attentes pour 2024, et tout particulièrement dans notre écosystème numérique. Pour Alliancy, nos espoirs vont comme toujours vers un numérique qui change la donne en matière d'impact environnemental de nos sociétés et dont la responsabilité en matière d'inclusion est également pleinement assumée.

À ces deux piliers s'ajoute évidemment celui de la confiance. Et en la matière, nous pourrions avoir le vœu très simple de voir émerger, envers et contre toutes les errances politiques, un schéma EUCS ambitieux, qui donne le ton après une décennie cloud perdue en Europe.

Autres articles

Avec l'Open Secure AI Alliance, NVIDIA pousse sa vision de la sécurité des agents IA

Open source

Avec l'Open Secure AI Alliance, NVIDIA pousse sa vision de la sécurité des agents IA

NVIDIA lance l'Open Secure AI Alliance avec une quarantaine d'acteurs du numérique. Objectif affiché : développer des outils ouverts afin de renforcer la sécurité des logiciels et des agents IA.

De la démonstration au déploiement : l'essor de l'IA physique

Chronique

De la démonstration au déploiement : l'essor de l'IA physique

L'IA physique sort du stade de la démonstration. La question n'est plus de savoir si les robots peuvent accomplir des prouesses, mais s'ils peuvent fonctionner de manière sûre, fiable et rentable au cœur d'opérations réelles.

Cybersécurité : Anthropic espère que son nouveau Claude Opus 5 sera moins problématique

Confiance numérique

Cybersécurité : Anthropic espère que son nouveau Claude Opus 5 sera moins problématique

Anthropic a mis en ligne vendredi un nouveau modèle d'intelligence artificielle (IA), Claude Opus 5, présenté comme moins susceptible de dérives et plus difficile à détourner pour des attaques informatiques.

Auzeville, VMware, Broadcom : vingt ans de choix qui ont verrouillé l’Éducation nationale

Chronique

Auzeville, VMware, Broadcom : vingt ans de choix qui ont verrouillé l’Éducation nationale

Fin 2023, Broadcom rachète VMware. En 2024, la restructuration unilatérale des licences frappe de plein fouet les grands comptes publics. Jacky Galicher revient sur son expérience au sein de l'Éducation nationale.

Dassault Systèmes actualise sa stratégie de décarbonation avec un objectif "zéro émission nette" d’ici 2050

Numérique responsable

Dassault Systèmes actualise sa stratégie de décarbonation avec un objectif "zéro émission nette" d’ici 2050 

L'éditeur de logiciel a obtenu la validation de la Science Based Targets initiative (SBTi) pour son nouvel objectif de neutralité carbone à horizon 25 ans. 


Préférences de consentement