Frédéric Charles (Suez) : « Il était essentiel que Suez Smart Solutions devienne une entité à part entière »

Frédéric Charles est le directeur stratégie digitale et innovation de Suez Smart Solutions, l’activité dédiée à la création de solutions intelligentes pour l’environnement et la smart city du groupe français Suez, spécialiste de la gestion de l’eau et des déchets. Il revient sur l’ambition qu’avait le groupe en créant cette nouvelle entité et les enjeux du développement de celle-ci.

Publié et mis à jour le 19 février 20204 min de lecture
Frédéric Charles (Suez) : « Il était essentiel que Suez Smart Solutions devienne une entité à part entière »

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éditeurs de logiciels

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Frédéric Charles, directeur stratégie digitale et innovation de Suez Smart Solutions[/caption]

La création de Suez Smart Solutions a-t-elle transformé Suez en éditeur de logiciels ?

Frédéric Charles. Cette filiale a une activité d’édition de logiciels, mais pas uniquement ; nous avons également développé des activités d’opérateur et d’intégrateur sur les sujets liés à de grands projets complexes qui nécessitent de mélanger beaucoup de compétences différentes : produit radio et capteurs, réseaux IoT, collecte et traitement de données, plateformes data, etc. Notre expertise particulière fait que nous sommes seuls à pouvoir parfois assurer l’intégralité de cette vision de bout en bout. C’est une activité qui capitalise sur l’innovation digitale sous ses nombreuses formes, cela va plus loin que seulement créer un logiciel. Nous sommes par exemple opérateur de nos réseaux de communication pour les compteurs d’eau communicants.

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Comment a été décidé de créer une telle activité ?

Frédéric Charles. Le point de départ, il y a plus d’une décennie, a été la création d’une entité informatique industrielle afin d’améliorer l’excellence opérationnelle du Groupe Suez. L’idée était de réunir des experts, y compris des chercheurs, pour faire émerger de nouveaux modes de pilotage logiciel des usines. Cependant, très vite, nous avons été entrainés par l’essor du digital, notamment au niveau des impératifs de temps réels. Cela a créé une dynamique de croissance énorme, autour de projets complètement nouveaux. Ainsi, le déploiement de compteurs d’eau communicants sur la ville de Paris nous a fait sortir de nos usines. Cela nous a ouvert à une vision beaucoup plus large de ce que pouvait être notre activité. Il en a été de même pour notre coopération avec le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP), autour du projet de raccordement et d’analyse des réseaux d’eau usées en Île-de-France. C’est innovant car la région dispose encore de très peu d’informations sur ces réseaux, contrairement à ce que l’on sait déjà faire pour l’eau potable. De tels projets posent sans cesse les bases de nouveaux développements et de nouvelles innovations.

transformation éditeur logiciel

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A partir de quand s’est imposée l’idée d’en faire une activité commerciale à part entière ?

Frédéric Charles.Très tôt, la direction générale de Suez a eu conscience que ce que nous mettions en œuvre pour nos propres besoins représentait un potentiel au-delà du Groupe et nous avons transformé cette direction informatique en société commerciale en 2009. Il fallait fédérer l’activité pour attirer et fidéliser les bonnes compétences et nous avons donc recruté en externe, notamment auprès d’opérateurs télécoms, autant qu’au sein du Groupe lui-même afin d’avoir des experts métiers très pointus. Avec l’émergence des projets Smart City, nous avons vu l’opportunité d’étendre notre expertise au-delà des systèmes de distribution d’eau, car la gestion de la data et des réseaux, quels qu’ils soient, sont au cœur de la ville intelligente. Par exemple, sur des sujets comme l’éclairage public, il est tout à fait possible de capitaliser sur nos compétences. Moi-même, j’étais alors en charge de la stratégie de la DSI et il m’a paru évident que pour saisir vraiment l’opportunité du développement d’une telle activité, elle ne pouvait pas rester liée à la DSI en tant que telle : il était essentiel qu’elle devienne un centre de profit à part entière.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Frédéric Charles. Depuis deux ans, nous avons vécu un développement notable de l’activité que je pilote. Nous avons su capitaliser sur nos différents verticaux pour imaginer une uniformisation de nos plateformes, supportée par une direction innovation à part entière. Mon rôle est d’amener des projets et des contrats complètement nouveaux, qui n’auraient pas pu être portés par une seule entité, mais que le Groupe peut adresser grâce à cette approche « plateforme ».

Au niveau de Suez Smart Solutions, c’est une croissance qui s’appuie sur deux jambes, avec le croisement des besoins de performance interne du Groupe Suez et les nouveaux besoins des clients. Aujourd’hui, forte de cette dynamique l’entreprise grandit à part entière, y compris avec de la croissance externe ! Nous avons ainsi mené des acquisitions à l’international, par exemple en Australie et en Nouvelle-Zélande, où des solutions spécifiques avaient été développées et qui paraissent extrêmement pertinentes pour la France.

Cette activité cannibalise-t-elle les activités historiques du groupe ?

Frédéric Charles. Suez Smart Solutions accompagne la digitalisation des métiers historiques du Groupe Suez. De la même façon, nous considérons que les régies municipales qui sont nos clients pour cette activité, ne sont pas en soit des concurrents aujourd’hui, même si historiquement Suez pouvait assurer le service de l’eau. Aujourd’hui, le développement de Suez Smart Solutions apporte énormément pour se différencier de la concurrence. Les autres spécialistes de solutions software sur ces créneaux sont beaucoup plus petits et n’ont pas notre capacité d’industrialisation.

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