Formation

IA agentique : la Wild Code School veut spécialiser des développeurs en 6 mois

Adossée à Simplon, la Wild Code School lance une formation “Développeur IA agentique” destinée à des développeurs expérimentés. Première session le 11 mai.

Publié et mis à jour le 23 février 2026
2 min.
IA agentique : la Wild Code School veut spécialiser des développeurs en 6 mois

Les étudiants de la Wild Code School font leur rentrée 2025  

Wild Code School

Le marché adore les promesses technologiques. Il se montre beaucoup plus sévère lorsque vient l’heure de la production. C’est sur cette ligne de crête que la Wild Code School positionne sa nouvelle formation “Développeur IA agentique”. “On voit un basculement au niveau du marché avec le développement des agents IA qui sont des véritables orchestrateurs”, a affirmé Mehdi Salim, directeur général de la Wild Code School. L’école ne vise pas des profils débutants. “On est sur un niveau de prérequis plus élevé”, a-t-il précisé, évoquant des développeurs full stack ou back-end avec, idéalement, une maîtrise de Python. Le message est clair : il s’agit d’une montée en compétence, non d’une reconversion opportuniste. “Le développeur web va être augmenté par l’IA”, a-t-il ajouté. Dans un contexte où les entreprises rationalisent leurs recrutements juniors et exigent des résultats tangibles, la nuance est stratégique. L’agentique est présentée non comme une rupture totale, mais comme une spécialisation répondant à un besoin émergent : connecter les modèles aux systèmes, aux données et aux processus métier.  

Du buzzword à la mise en production 

L’agent IA est souvent invoqué, rarement défini avec rigueur. Mehdi Salim en reconnaît la dimension marketing : “Il y a l’effet buzzword”, a-t-il admis, tout en soulignant “des investissements très lourds autour de la question des agents IA de big tech comme OpenAI ou Google”. Mais l’argument d’autorité ne suffit pas : l’intégration d’agents autonomes implique une gestion fine des permissions, des flux de données et des mécanismes de validation. “Ces métiers ne s’improvisent pas”, a-t-il insisté, citant la collecte de données, la sécurité et la nécessité de contrôles humains. L’enjeu dépasse la simple automatisation. Un agent capable d’agir sur un système d’information devient un point d’exposition supplémentaire. Il engage la responsabilité de l’organisation. En mettant en avant ces dimensions, la “Wild” tente de se démarquer d’une approche superficielle centrée sur la génération de contenu. Reste à savoir si six mois, en distanciel synchrone, à temps plein, suffisent pour couvrir l’ingénierie logicielle, la gouvernance des données et les contraintes réglementaires qui encadrent ces déploiements. 

Compétences avant outils, pari contre l’obsolescence 

La formation revendique une pédagogie orientée projets. “On va avoir une formation qui va être à 80% pratique”, a indiqué Mehdi Salim, précisant que les apprenants travailleront sur des cas proches des conditions réelles. Ce positionnement répond à un constat partagé : les outils évoluent plus vite que les programmes académiques. “On vise la compétence et non pas une compétence outil”, a-t-il affirmé, afin d’éviter l’écueil de formations rapidement dépassées. L’école mobilise par ailleurs des intervenants issus du terrain. “On transforme des experts en formateurs”, a-t-il expliqué. L’argument est cohérent avec l’exigence opérationnelle du sujet. Il soulève néanmoins une interrogation sur la structuration pédagogique et la capacité à formaliser des pratiques reproductibles. Dans un domaine mouvant, la promesse d’agilité ne peut tenir sans méthode solide. 

Quelle place pour les briques américaines dans les compétences nationales ? 

Sortie d’un redressement judiciaire, la Wild Code School mise sur son intégration au groupe Simplon pour sécuriser son modèle. “La taille critique n’avait pas été atteinte”, a expliqué Mehdi Salim, soulignant l’apport d’ingénierie pédagogique et de certifications reconnues. La première promotion, attendue le 11 mai, afficherait déjà “des dizaines de candidatures” et “bientôt une quinzaine d’admis”. Ce repositionnement intervient alors que la souveraineté numérique s’impose dans le débat public. “Sans capacités techniques, humaines, souveraines, il n’y aura pas de souveraineté possible”, a-t-il déclaré. Pourtant, Simplon demeure partenaire d’acteurs majeurs extra-européens, incontournables pour l’employabilité des apprenants. “On est partenaire d’OpenAI en Europe. Mais on ne va pas orienter nos formations vers une technologie plutôt qu’une autre”, a soutenu Mehdi Salim. La stratégie est pragmatique : former des talents français sur des infrastructures largement américaines, en pariant sur la compétence plutôt que sur l’origine des plateformes. L’agentique avance vite. Reste à prouver que les compétences formées sauront en faire un levier industriel plutôt qu’un phénomène passager. 

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