Iktos met l’IA au service de la recherche pharmaceutique

Grâce à ses solutions d’intelligence artificielle appliquées à la recherche pharmaceutique, combinées à la robotisation, Iktos remporte le Trophée Alliancy 2024 dans la catégorie Confiance numérique - Meilleure innovation numérique.

Publié et mis à jour le 5 décembre 20242 min de lecture
Iktos met l’IA au service de la recherche pharmaceutique

« Trouver un médicament prend entre 15 et 20 ans », rappelait Yann Gaston-Mathé, président-directeur général d’Iktos, il y a un an, dans les locaux qu’occupait la start-up à Villebon-sur-Yvette (91). Mais les promesses de l’intelligence artificielle dans le domaine de la pharmaceutique pourraient percuter et réduire ce long processus de mise sur le marché d’un médicament. C’est l’objectif d’Iktos, fondée en 2016, qui utilise l’IA, notamment générative, à chaque étape de la recherche de molécules cibles.

Une première plateforme a été lancée dès la création de la start-up. S’inspirant des études déjà réalisées et répondant à un cahier des charges déterminé, Makya est ainsi capable d’imaginer des molécules et peut déterminer leur compatibilité avec la cible responsable d’une maladie. « Makya donne des scores aux molécules qu’elle a imaginées, correspondant à leur niveau d’efficacité contre la cible, en seulement quelques heures », expliquait l’an passé Quentin Perron, directeur scientifique de l’entreprise, qui précisait que cette solution est déjà présente dans les laboratoires de grands industriels. Suivent ensuite les solutions Spaya et Ilaka. « La première a été entraînée sur des millions de réactions connues dans la littérature et peut ainsi proposer plusieurs ‘recettes de cuisine’ au chimiste pour fabriquer une molécule », indiquait l’ancien scientifique, formé notamment à UCLA (Université de Californie), alors que la seconde adapte ces recettes à un robot.

L’IA dans la robotique

L’entreprise a souhaité impliquer l’intelligence artificielle au-delà des plateformes numériques. Depuis près d’un an, Iktos a lancé une plateforme robotique pilotée par la technologie, capable de réaliser, grâce à des réactions chimiques, les potentiels futurs médicaments inspirés de Makya, avec un gain de temps important à la clé. Quand un chimiste peut réaliser trois réactions par jour, Iktos Robotics Chemistry peut en effectuer plus d’une centaine. « Un projet a besoin de 1500 à 2500 molécules avant d’avoir un bon candidat aux essais cliniques, car environ 90 % seront retoqués et ne deviendront jamais des médicaments », explique Quentin Perron. Une seconde solution, cette fois semi-automatisée, a également été mise au point.

Iktos Robotics Biology est capable d’assurer les tests des molécules sur des cibles thérapeutiques que l’entreprise qualifie de « difficiles à cibler », notamment dans le domaine du cancer et des maladies neurodégénératives. Pour Iktos, le défi est de réussir à mettre à disposition ces solutions robotiques auprès de grands industriels de la pharmacie, pour intervenir sur l’ensemble de la chaîne de recherche et développement d’un médicament, avec la promesse de découvrir un candidat préclinique en 24 mois, contre 4 à 5 ans aujourd’hui. Mais pour prouver l’efficacité de ses solutions, la start-up a développé ses propres molécules. Aujourd’hui, ce sont quatre candidats médicaments créés par l’entreprise qui sont dans le « pipeline », dans les domaines de l’oncologie, de l’inflammation et des maladies auto-immunes.

Autres articles

la France a rattrapé son retard mais pas encore comblé son fossé opérationnel

IA en entreprise

la France a rattrapé son retard mais pas encore comblé son fossé opérationnel

En un an, 64 % des entreprises françaises se disent avancées en IA, contre 8 % l'an dernier. L'exécution, pas l'intention, distingue désormais les leaders du reste du marché.

Exfiltration de données : la DGFiP va devoir rendre des comptes

Cyberattaque

Exfiltration de données : la DGFiP va devoir rendre des comptes 

Deux intrusions ont permis l'exfiltration des données de 678 000 contribuables et professionnels. Détectée en juin, la compromission n'a révélé son ampleur qu'après la revendication du pirate, relançant le débat sur les capacités de détection de l'État. 

Robots humanoïdes : la bataille des déploiements

Chronique

Robots humanoïdes : la bataille des déploiements

Avec plus de 65 000 heures d’exploitation, plus de 300 millions de dollars de commandes pluriannuelles annoncées pour sa prochaine génération de robots, Agility offre un aperçu concret de l’avenir du secteur.

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.


Préférences de consentement