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La féminisation de la tech est devenue un enjeu de souveraineté numérique

Pour répondre aux pénuries de compétences et renforcer l'autonomie technologique du pays, les acteurs publics et privés appellent à accélérer la féminisation des métiers du numérique. 

Publié et mis à jour le 24 juillet 20262 min de lecture
La féminisation de la tech est devenue un enjeu de souveraineté numérique
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Peut-on encore parler de souveraineté numérique lorsque la moitié des talents reste sous-représentée dans les métiers de la tech ? C'est la question qui a ouvert les échanges de Tech Boost'her National 2026, organisé par Social Builder, où les intervenantes ont défendu une féminisation accrue des métiers du numérique, de l'intelligence artificielle, de la cybersécurité et de l'industrie. À cette occasion, Social Builder a lancé le programme FEMA (Féminisons les métiers d'avenir), qui ambitionne d'accompagner 15 000 femmes en quatre ans et de remettre un livre blanc de recommandations au gouvernement. « Aujourd'hui, seulement 7 % des adolescentes expriment un intérêt pour les métiers du numérique », a rappelé Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique. « Si je me passe de 50 % de la population française, ce n'est pas possible de parler de souveraineté numérique. » 

Des freins culturels qui alimentent la pénurie de compétences 

Pour les intervenantes, la sous-représentation des femmes résulte moins d'un manque d'opportunités que d'un déficit de projection, entretenu dès l'école et tout au long des parcours professionnels. « On entend encore trop peu dire aux jeunes femmes : "Tu seras scientifique, ma fille" », a regretté Emmanuelle Larroque, présidente & fondatrice de Social Builder, estimant que les stéréotypes limitent encore l'accès aux filières technologiques.

« Aujourd'hui, seulement 7 % des adolescentes expriment un intérêt pour les métiers du numérique »

Nadine Crinier, Directrice régionale, France Travail Île-de-France, a rappelé que cette situation intervient alors que 160 000 emplois restent non pourvus dans les secteurs du numérique, de l'industrie et des travaux publics. « Ce n'est pas juste un sujet social, c'est un sujet économique, c'est un sujet d'émancipation », a-t-elle insisté. Même analyse du côté de Laetitia Niaudeau, directrice générale adjointe de Apec, qui a souligné que ces métiers « recrutent le plus, rémunèrent le mieux et offrent les plus belles perspectives de carrière », tout en restant parmi les moins féminisés. 

« Une technologie conçue sans les femmes reproduit les inégalités »

« Faites-vous confiance », a-t-elle lancé, faisant de cette injonction le fil conducteur de son intervention. La ministre a également mis en garde contre les biais que pourrait reproduire une intelligence artificielle développée sans diversité. « Une technologie conçue sans les femmes reproduit les inégalités », a-t-elle résumé, estimant que la mixité constitue désormais un levier de compétitivité, d'innovation et de souveraineté. Avec le lancement de FEMA, les organisateurs espèrent désormais transformer cette prise de conscience en actions concrètes à l'échelle nationale. 


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