Les entreprises misent sur le gain de productivité de l’IA, sans être prêt à l’adopter

L’institut de recherche d’Infosys a élaboré un rapport sur les réponses de 1 500 professionnels de six pays, mettant en évidence des carences dans cinq domaines clés nécessaires à l'adoption de l’IA : stratégie, gouvernance, compétences, données et technologie. Ces déficiences créent un décalage entre la reconnaissance des gains de productivité par l’IA et son intégration.

Publié et mis à jour le 31 octobre 20242 min de lecture
Les entreprises misent sur le gain de productivité de l’IA, sans être prêt à l’adopter

Seules 2 % des entreprises se disent prêtes à adopter l’intelligence artificielle, malgré les promesses de gain de productivité. C’est ce que révèle l’étude “Entreprise AI Readline” publiée par Infosys ce mercredi 30 octobre. Pourtant, ces entreprises projettent une augmentation de 10 à 40 % de leur productivité grâce à cette technologie. Leur enthousiasme est même palpable : la majorité des dirigeants considère l'intelligence artificielle comme une révolution industrielle capable de transformer les modèles économiques. Cependant, seulement 23 % des entreprises disposent d’une stratégie IA alignée avec leurs objectifs commerciaux. Le passage à l’IA nécessite également une gouvernance pour gérer les risques comme les biais ou les cybermenaces, un dispositif détenu par 10 % des entreprises. L’étude insiste sur l'importance d'une équipe de gouvernance centralisée pour assurer une utilisation de l’IA responsable et sûre.

Un manque de compétences et de maturité technologique

Reste que le manque de compétences en IA représente un défi tout aussi important : seules 21 % des entreprises estiment leurs équipes prêtes à utiliser les outils IA. Le manque de connaissance chez les collaborateurs a mené à l’instauration d’une formation spécifique pour 12 % des sociétés. Alors que Infosys souligne le besoin d’obtenir des données structurées et une infrastructure adaptée pour tirer le meilleur parti de l’IA, la qualité et la gestion des données constituent un autre point faible. A peine 10 % des entreprises disposent de données accessibles et fiables pour des projets IA, tandis que 30 % jugent que leur gouvernance et leur précision sont insuffisantes. Pour Infosys, investir dans la maturité technologique et promouvoir une culture de l’innovation est primordial. Pourtant, la détention d’outils technologiques nécessaires à la transformation IA, comme la machine learning ou le calcul dynamique, ne concernent que 9 % d’entre elles. L’adoption de l’IA, affirme Jeff Kavanaugh, directeur de l’Infosys Knowledge Institute, est "une opportunité à saisir dès maintenant" pour celles qui veulent renforcer leur compétitivité et transformer leur secteur.

Autres articles

Auzeville, VMware, Broadcom : vingt ans de choix qui ont verrouillé l’Éducation nationale

Chronique

Auzeville, VMware, Broadcom : vingt ans de choix qui ont verrouillé l’Éducation nationale

Fin 2023, Broadcom rachète VMware. En 2024, la restructuration unilatérale des licences frappe de plein fouet les grands comptes publics. Jacky Galicher revient sur son expérience au sein de l'Éducation nationale.

Numérique responsable : les livres clés pour s’inspirer et agir

Conseil lecture

Numérique responsable : les livres clés pour s’inspirer et agir

Pour l’été, nous vous proposons de lire (ou relire) une sélection d'essais, romans de science-fiction, ressources opérationnelles et réflexions philosophiques, consacrées aux défis du numérique responsable.

La féminisation de la tech est devenue un enjeu de souveraineté numérique

mixi'tech

La féminisation de la tech est devenue un enjeu de souveraineté numérique

Pour répondre aux pénuries de compétences et renforcer l'autonomie technologique du pays, les acteurs publics et privés appellent à accélérer la féminisation des métiers du numérique. 

Comment la bataille de l'IA se déplace vers l'infrastructure

Chronique

Comment la bataille de l'IA se déplace vers l'infrastructure

Pendant plusieurs années, la compétition en intelligence artificielle s'est jouée sur une seule variable : le modèle. Qui aurait le plus de paramètres, les meilleures performances, l'interface la plus convaincante. Le dernier RAISE Summit a acté la fin de cette lecture.

"La SNCF applique une grille d’achat dans laquelle la partie RSE représente 20 % de la notation. Nous voulons aller plus loin"

Interview

"La SNCF applique une grille d’achat dans laquelle la partie RSE représente 20 % de la notation. Nous voulons aller plus loin"

Xavier Verne est le directeur du numérique responsable du Groupe SNCF. Il détaille la large structuration de la démarche de Responsabilité Numérique de l'entreprise et les leviers qui ont le plus d'impact.


Préférences de consentement