IA

Mistral lève 3 milliards d'euros pour garder de l'élan

L'entreprise française d'intelligence artificielle (IA) Mistral est désormais valorisée plus de 21 milliards d'euros après avoir levé 3 milliards d'euros, auprès du géant coréen Samsung notamment, afin de développer son infrastructure et ses travaux de recherche.

Publié et mis à jour le 8 septembre 2026
3 min.
Mistral lève 3 milliards d'euros pour garder de l'élan
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"Cette levée nous donne les moyens d'aller plus vite dans la recherche, les produits et l'infrastructure, et d'aider davantage d'organisations à déployer l'IA à grande échelle, selon leurs propres exigences", a commenté son patron Arthur Mensch, cité dans le communiqué. L'opération doit donner à la jeune pousse française l'élan pour continuer à exister dans une course mondiale à l'IA de plus en plus concurrentielle et coûteuse. Premier fabricant mondial de puces mémoire, Samsung, qui était déjà présent au capital de Mistral à travers sa branche d'investissements Samsung Ventures, a mené ce nouveau tour de table aux côtés des fonds Scaleup Europe, lancé par la Commission européenne, et PSG Equity.

Le groupe néerlandais ASML, qui est entré au capital de Mistral l'année dernière lors de sa précédente levée de fonds, et le géant américain Nvidia ont aussi remis au pot. Les fondateurs Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix "contrôlent toujours l'entreprise", a précisé à l'AFP, Johan Bergqvist, son directeur financier. Une levée significative mais qui reste modeste comparée aux géants américains du secteur. OpenAI, créateur de ChatGPT, a levé en mars dernier le montant record de 110 milliards de dollars et Anthropic, à l'origine de Claude, se prépare à une introduction en Bourse qui pourrait dépasser celle de SpaceX. Ces deux sociétés ont aussi dévoilé des modèles d'IA si puissants que leurs versions grand public nécessitent d'être bridées au vu des risques de sécurité.

Un mélange entre Palantir et Anthropic

"Nous sommes plutôt un mélange entre Palantir et Anthropic", corrige Johan Bergqvist, pour qui Mistral est "très bien financé" pour sa prochaine phase de développement. "Nous avons constaté que nous pouvons concevoir des modèles avec une meilleure efficience économique que nos concurrents et donc nos besoins en capital ne sont pas aussi vastes", a-t-il poursuivi. L'entreprise, qui a quasiment doublé de taille en un an avec plus de 1.000 employés, est sur la bonne voie pour atteindre son objectif d'un milliard d'euros de revenus annualisés, c'est-à-dire extrapolés à partir des revenus récents, selon son directeur financier. Son pari ? Mettre en avant l'argument de la souveraineté technologique pour répondre aux inquiétudes des Etats et entreprises européennes. En juin Washington avait contraint Anthropic à couper pendant deux semaines l'accès de tout ressortissant étranger à ses modèles les plus avancés, révélant au grand jour la dépendance technologique du Vieux-Continent. Mistral a ainsi noué un partenariat, non exclusif, avec l'Etat français pour fournir un assistant IA aux agents de la fonction publique et mené des expérimentations dans les ministères, notamment en cybersécurité. Elle collabore aussi avec le constructeur automobile allemand BMW, l'avionneur européen Airbus ou encore l'armateur français CMA CGM, pour appliquer les technologies d'IA aux processus industriels.

Une alternative aux géants américains du cloud

L'architecture ouverte de ses modèles "permet aux organisations de développer leur IA sans exposer à des tiers leurs données les plus sensibles, leurs processus métier ni leur savoir-faire", souligne l'entreprise dans un communiqué. Mistral a par ailleurs investi 4 milliards d'euros dans des centres de données en France et en Europe afin de développer sa propre capacité de calcul et offrir une alternative aux géants américains du cloud. Microsoft, qui cherche à se positionner comme l'entreprise la plus compatible avec le marché européen, a signé un contrat de plusieurs milliards de dollars avec la start-up pour se servir de cette puissance de calcul. Cette nouvelle levée de fonds devrait aider la start-up à accomplir son souhait d'opérer 200 MW de capacités de calcul d'ici 2027 et 1 GW d'ici 2030. Les financements doivent aussi accélérer son expansion internationale en Europe mais aussi en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, "où nous constatons une forte demande", a détaillé Johan Bergqvist.

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