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PIIEC IA, le gouvernement lance un appel à projets pour l'industrie européenne 

Le gouvernement ouvre les candidatures au PIIEC dédié à l'intelligence artificielle. L'appel à projets vise à bâtir une filière industrielle européenne, sur fond de souveraineté.

Publié et mis à jour le 29 juillet 20262 min de lecture
PIIEC IA, le gouvernement lance un appel à projets pour l'industrie européenne

À défaut de pouvoir rivaliser frontalement avec les géants américains sur les modèles, l'Europe tente de reprendre la main sur le terrain de l'industrie. Le gouvernement a lancé, ce mardi 28 juillet, l'appel à Projet important d'intérêt européen commun (PIIEC) consacré à l'intelligence artificielle. Cette étape ouvre la sélection des entreprises françaises appelées à rejoindre un programme européen réunissant dix-huit États membres. Derrière ce nouvel acronyme se joue bien davantage qu'un simple dispositif de financement. Paris et Bruxelles veulent structurer une chaîne de valeur industrielle commune, depuis les infrastructures de calcul jusqu'aux applications sectorielles. Les candidats disposent jusqu'au 9 septembre pour déposer leur dossier. Ils devront proposer des projets innovants, justifier d'investissements crédibles et chiffrer leurs retombées économiques. Une logique propre aux PIIEC, destinés à soutenir des initiatives dont le niveau de risque dépasse les capacités de financement du seul marché. Le dispositif prolonge la stratégie France 2030 tout en s'alignant sur les nouvelles orientations européennes en matière d'intelligence artificielle. 

La souveraineté change de terrain 

Le périmètre retenu traduit un changement de cap. Les modèles de fondation figurent parmi les domaines soutenus, mais ils ne monopolisent plus les priorités. L'appel cible aussi les infrastructures cloud, l'accès sécurisé aux données, les logiciels open source, les réseaux télécoms ou encore l'efficacité énergétique. Cette orientation reflète la stratégie européenne Apply AI, présentée au printemps, qui cherche moins à produire un nouvel OpenAI qu'à accélérer l'adoption de l'IA dans les secteurs stratégiques, des transports à l'énergie en passant par la santé ou l'industrie manufacturière. 

Le temps long des PIIEC 

Cette stratégie se heurte toutefois au calendrier industriel. Les précédents PIIEC consacrés aux batteries ou aux semi-conducteurs ont demandé plusieurs années avant d'aboutir à des investissements concrets. Entre le lancement des appels, la validation des projets par la Commission, les investissements et la montée en production, le calendrier s'étire. Pendant ce temps, les leaders américains continuent d'investir des dizaines de milliards de dollars dans les infrastructures de calcul. Tandis que la Chine poursuit sa politique de soutien massif aux technologies stratégiques. Le PIIEC IA répond à cette logique de rattrapage. Sa réussite dépendra de sa capacité à industrialiser les technologies et leur déploiement sur le marché. Le risque ? Une multiplication des initiatives européennes - AI Factories, gigafactories, Apply AI, AI Act, PIIEC IA – qui va pour le moment sans l’émergence d’acteurs de références.  


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