Souveraineté numérique
Anne le Hénanff expose les trois leviers de la stratégie française
Au ministère de l’Économie, les Rencontres de la souveraineté numérique ont réuni pouvoirs publics et acteurs du secteur. La ministre déléguée chargée du Numérique a présenté les principaux leviers d’une stratégie fondée sur la mesure des dépendances, la préférence européenne et la commande publique.

Lundi 26 janvier, au premier étage du ministère de l’Économie et des Finances, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a ouvert les premières Rencontres de la souveraineté numérique. L’événement a rassemblé représentants de l’État, institutions publiques, dirigeants d’entreprises et organisations professionnelles, autour d’une série de présentations et de tables rondes consacrées aux outils et aux politiques de souveraineté technologique. Après l’allocution ministérielle, Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, a présenté l’Observatoire de la souveraineté numérique, avant une séquence dédiée à l’Indice de résilience numérique. Des retours d’expérience d’acteurs comme RTE et Docaposte ont ensuite précédé une table ronde consacrée à la stratégie nationale et européenne.
Mesurer les dépendances pour piloter la souveraineté
Mesurer les dépendances pour piloter la souveraineté
Dans son discours d’ouverture, la ministre a insisté sur la nécessité de sortir d’une approche déclarative de la souveraineté numérique. « La souveraineté numérique n’est ni un document ni une posture. C’est une boussole », a-t-elle affirmé, évoquant les dépendances persistantes de la France et de l’Union européenne à l’égard de briques technologiques critiques, qu’il s’agisse des infrastructures cloud, des composants matériels ou des couches logicielles. Ces dépendances, a-t-elle rappelé, exposent les États à des vulnérabilités juridiques, économiques et politiques, tout en limitant leur capacité à définir leurs propres standards. Dans cette optique, Anne Le Hénanff a annoncé la création d’un Observatoire de la souveraineté numérique, confié au Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan. L’outil doit permettre de produire des données objectivées sur le niveau de dépendance des entreprises, des administrations et des collectivités territoriales aux solutions extra-européennes. En complément, la ministre a salué le lancement de l’Indice de résilience numérique, porté par l’association Digital Resilience Initiative, conçu comme un outil d’autoévaluation permettant aux organisations de mesurer leur exposition aux dépendances technologiques.
Commande publique et préférence européenne
Au-delà du diagnostic, la ministre a mis en avant le rôle central de la commande publique dans la structuration d’une offre numérique souveraine. Elle a indiqué travailler à l’élaboration d’une nouvelle doctrine de la commande publique numérique intégrant explicitement des critères de souveraineté, avec l’objectif de privilégier, lorsque cela est possible, des solutions françaises et européennes. Cette démarche s’inscrit dans une coordination européenne, notamment avec l’Allemagne, sur des secteurs jugés stratégiques comme l’intelligence artificielle, la cybersécurité et le cloud. Anne Le Hénanff a également souligné que la souveraineté numérique ne peut reposer uniquement sur l’action de l’État, appelant les grands acteurs privés à intégrer ces enjeux dans leurs décisions d’investissement et d’achat.






