Cap Digital pour la transition numérique et écologique

Le pôle de compétitivité francilien s’organise pour répondre aux besoins technologiques d’un monde où la croissance doit s'envisager plus responsable et respectueuse de l’environnement. Objectif pour ses membres et experts : innover différemment.

Publié et mis à jour le 5 septembre 20197 min de lecture
Cap Digital pour la transition numérique et écologique

Le festival Futur.e.s (photo) est l’évènement le plus important organisé par Cap Digital. Ouvert à tous les publics, il rassemble entre 15 000 et 20 000 participants chaque année à La Villette, la Manufacture des Gobelins… (DR)

Le pôle de compétitivité francilien, Cap Digital, s’organise pour répondre aux besoins technologiques d’un monde où la croissance doit s'envisager plus responsable et respectueuse de l’environnement. Objectif pour ses membres et experts : innover différemment.

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Le festival Futur.e.s (photo) est l’évènement le plus important organisé par Cap Digital. Ouvert à tous les publics, il rassemble entre 15 000 et 20 000 participants chaque année à La Villette, la Manufacture des Gobelins… (DR)[/caption]

Le pôle de compétitivité Cap Digital a franchi, en mai 2018, une étape importante pour se développer en absorbant le pôle dédié à la ville du futur, Advancity. Objectif : faire converger les deux formes de transitions les plus structurantes que notre économie va vivre dans les années à venir : le numérique et l’écologie.

« La ville et les territoires durables deviennent un élément de réflexion et d’actions au cœur de notre stratégie. C’est dans la ville que l’on retrouve les liens avec la santé, l’éducation, le retail, les industries créatives… », explique d’entrée Patrick Coquet, délégué général du pôle, qui regroupe plus de 1 000 entreprises membres.

Ce lien avec les territoires est en effet l’un des nouveaux axes du pôle : « L’innovation doit s’expérimenter et les territoires ont besoin d’innover, poursuit le délégué général. D’un côté, il y a une demande dans les collectivités pour que l’innovation arrive jusqu’à elles et, de l’autre, les citoyens, de mieux en mieux informés, sont très demandeurs et expriment leurs attentes aux élus en matière de solutions numériques.

Pour autant, pour bien connaître son territoire, il faut structurer ses données et peu encore de collectivités l’ont fait. « La data reste donc un sujet cœur de Cap Digital, notamment celle utilisée pour répondre aux besoins du citoyen et de la société », précise-t-il.

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Patrick Coquet est délégué général de l’association Cap Digital, pôle de compétitivité, depuis 2006, et dirige une équipe d’une quarantaine de collaborateurs.

Patrick Coquet est délégué général de l’association Cap Digital, pôle de compétitivité, depuis 2006, et dirige une équipe d’une quarantaine de collaborateurs.

Patrick Coquet est délégué général de l’association Cap Digital, pôle de compétitivité, depuis 2006, et dirige une équipe d’une quarantaine de collaborateurs.[/caption]

Pour mettre tout cela en pratique, le pôle organise régulièrement entre grands comptes et start-up différents challenges… et ce de plus en plus en lien avec les collectivités. L’objectif derrière cela est de comprendre comment organiser les données d’un territoire… Lesquelles faut-il capter ? Comment les (re)partager avec d’autres acteurs publics, mais aussi acteurs privés ? « C’est un sujet complexe, car il y a beaucoup de choses qui se passe au niveau de la ville, de l’agglomération… A terme, chacun traitera des données différentes à son niveau que ce soit autour de la mobilité, des équipements, du commerce… L’important étant d’arriver à inter-opérer ces systèmes et à échanger les données entre ces structures », précise Patrick Coquet.

La partie « Développement durable » est le deuxième sujet important porté par Cap Digital, sachant que le numérique doit apporter des solutions pour répondre aux besoins écologiques. « Nous avons par exemple travaillé avec la région Ile-de-France sur une réponse aux appels de Territoires d’innovation, sur un projet autour de l’habitat du futur où l’on a pu voir les enjeux de la numérisation qui conduisent à de nouvelles formes de production de bâtiments, avec des matériaux plus écologiques… ». Tout cela est nouveau pour le pôle qui organise ainsi différents projets désormais autour de l’économie circulaire.

Un rapprochement en vue avec le pôle « retail » Picom

En parallèle, le pôle réfléchit, d’ici à l’automne, à intégrer également le pôle nordiste Picom (dédié au commerce), un rapprochement d’autant plus stratégique que la distribution française est confrontée sur son marché domestique et dans son développement international, à des concurrents qui investissent massivement dans les technologies numériques dont émergent les nouveaux modèles économiques… La décision devrait être arrêtée courant septembre.

Le pôle prépare également son événement Futur.e.s in Africa, qui aura lieu à Casablanca au Maroc les 28 et 29 octobre prochains et où est attendu un millier de participants. « Notre volonté est d’aller chercher des collaborations et l’inspiration sur de nouveaux modèles d’innovation autres que ceux où l’on a l’habitude d’aller, explique Antoine Allard, directeur de la communication. On attend un tiers d’exposants marocains, un tiers d’exposants français qui veulent se positionner sur ces marchés, le reste venant de toute l’Afrique ».

Au-delà, le pôle, qui vient de nommer un nouveau président en la personne de Charles Huot, compte également monter en puissance dans les mois à venir sur tous les projets européens, avec l’ambition de collaborer avec des laboratoires de recherche allemands, espagnols, italiens… tout en entraînant des PME et des start-up françaises dans son sillage avec les financements adéquats. Enfin, les Jeux Olympiques et Paralympiques seront un sujet fort de la rentrée pour le pôle, sur lequel de nombreux adhérents travaillent déjà (la douzaine de lauréats des appels à projets franciliens sera dévoilée à cette occasion). Une matinée sera d’ailleurs organisée avec la présentation des solutions les plus innovantes sur cette thématique et une note stratégique publiée pour l’occasion.

Suite à une réflexion collective sur le « sens de l’innovation » avec ses membres et experts, Cap Digital propose dans sa « Cartographie des Tendances 2019 » quelques enseignements structurants sur l’avenir (à 3-5 ans), et sur lesquels il s’est engagé pour construire sa nouvelle stratégie :

  • La possibilité d’une troisième voie européenne pour construire autrement l’économie numérique en activant les leviers de la prise de conscience citoyenne, du droit à la concurrence, de la réglementation, de la portabilité des données et de l’exploitation des nouveaux gisements de données issus du monde physique et pour lesquels les positions acquises sont favorables aux industries européennes.
  • L’attente d’une redéfinition et d’une revalorisation du « bien commun » consécutive à la forte aspiration à ce que l’innovation soit porteuse de compétitivité économique mais aussi de sens et à ce que son utilité sociale et environnementale soit plus évidente.
  • Le retour vers le territoire pour offrir une capacité à voir le monde de façon multifocale : développer des innovations à l’échelle mondiale tout en s’assurant qu’elles sont ancrées dans une réalité, au service de vrais usages qui améliorent réellement la vie.

« Cette nouvelle édition du Cahier des Tendances nous a permis de voir qu’il y a un sentiment d’urgence à agir, à s’attaquer à des sujets difficiles, avec tout le questionnement sur comment faire pour produire mieux, moins cher et de façon plus harmonieuse pour l’individu et la planète... Les enjeux environnementaux doivent désormais intégrer les challenges numériques et technologiques de nombre de nos adhérents, et au-delà, de tout l’écosystème, explique Françoise Colaïtis, déléguée adjointe du pôle. Il y a une prise de conscience très forte chez nos membres sur tous ces sujets, ce qui entraîne des changements profonds dans tous les secteurs. »

Six grands domaines d’actions pour Cap Digital

Pour bien aligner ses actions sur les enjeux identifiés, Cap Digital se focalise désormais sur six grands domaines : quatre secteurs Marchés, un secteur Technologies et un secteur Talents.

Quatre marchés

  1. Les industries culturelles et créatives (ICC), qui intègrent 10 secteurs dont les médias, la culture, le patrimoine, la publicité, le tourisme.
  2. La ville durable qui – dans le cadre de l’intégration des activités d’Advancity au sein de Cap Digital, actée en mai 2018 – comprend toutes les innovations liées à la fabrique de la ville, la gestion urbaine et au « vivre en ville ».
  3. La santé qui rassemble l’application des technologies numériques aux données de santé, l’utilisation de l’IoT dans des services de santé, la transformation numérique des systèmes de soin et de suivi des patients, l’utilisation de technologies numériques (AR/VR, robotique, Serious Games…) dans le domaine médical et la formation des professionnels de santé et la Silver économie
  4. Les services pour l’industrie avec l’usine du futur au sens de l’application des technologies numériques à l’optimisation des processus industriels, ou à la maintenance prédictive, au développement d’outils logiciels, au développement d’applicatif et à l’application de l’intelligence artificielle dans le champ des LegalTech, de l’AssurTech et des FinTech.

Technologies

Elles irriguent les quatre secteurs précédents et sont proposées par les DeepTech.

Talents

Cap Digital a été précurseur en ouvrant en 2016 EdFab, son lieu d’innovation dédié à l’éducation, la formation et la transformation des métiers. Cette démarche va s’amplifier, avec des services plus adaptés aux PME en transition et en élargissant ses actions vers les thématiques environnementales

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