Chez Kiabi, l’API devient accélérateur d’innovation

La création d’une API (Application Programming Interface) a démarré en 2015 avec Software AG chez Kiabi. Objectif : innover dans le domaine de l’expérience client au travers d’applications spécifiques…

Publié et mis à jour le 13 juillet 20173 min de lecture
Chez Kiabi, l’API devient accélérateur d’innovation

Déjà, au printemps 2016, le groupe français du prêt-à-porter à petits prix, a été la première enseigne du secteur à initier un « Big Data Challenge ». En septembre, elle avait aussi mis en test un robot Pepper dans son magasin du Val d’Europe.

[caption id="attachment_45479" align="alignleft" width="375"]

Déjà, au printemps 2016, le groupe français du prêt-à-porter à petits prix, a été la première enseigne du secteur à initier un « Big Data Challenge ». En septembre, elle avait aussi mis en test un robot Pepper dans son magasin du Val d’Europe.[/caption]

Mi-juin, la DSI de Kiabi organisait un hackathon avec Software AG, dans la suite logique de la mise en place de son API opérée fin 2015 avec l’éditeur. C’était une première en France pour l’éditeur et « une façon de tester son API Management, voir si elle était dans les normes » pour Anthony Pierson, IT Architecture leader chez Kiabi*.

Durant deux jours, un groupe d’une cinquantaine de développeurs, web designers, créatifs… autant internes à l’entreprise qu’externes, ont ainsi pu faire de la programmation informatique collaborative autour d’une idée : « l’enchantement client ».

Les deux sessions se sont déroulées au-dessus du magasin Kiabi de Villeneuve-d'Ascq (Nord), pour faciliter les interactions avec les experts techniques ou métiers du groupe et les clients en vue de recueillir rapidement leurs avis.

Mais, en « outsourçant l’innovation », la marque de vêtements comptait surtout faire émerger des idées innovantes en termes de relation client.

Guide Transformation Digitale

Guide Transformation Digitale

Au total, trois prototypes ont été « primés » sur les 14 propositions abouties. Depuis, elles ont été présentées aux métiers pour envisager un développement plus poussé. « Dans les projets lauréats, tous externes, il y a eu deux chatbots, dont un basé sur Facebook Messenger, et un jeu de gamification de la fidélisation client, très amusant », précise Anthony Pierson.

En ouvrant ses interfaces de programmation applicative (API) aux participants, Kiabi a donné accès à son catalogue, ses bases de données client anonymisées et ses données magasin en temps réel. Une première au centre de la stratégie numérique du groupe, qui souhaite accélérer sur l’innovation, autant en interne (site web d’e-commerce) qu’avec ses partenaires et fournisseurs, y compris à l’international. « Il s’agit bien d’une API ouverte, destinée dès sa conception à être utilisée à l’extérieur, avec des partenaires identifiés », confirme-t-il.

L'enseigne française souhaite doubler ses ventes d'ici à 2021, en se développant notamment à l'international.

« C’est très important pour nous de participer à ce type d’événements, renchérit Erwan Ganachaud, Retail Executive chez Software AG. On le fait depuis trois ans environ pour aider nos utilisateurs à faire connaître l’API dans le groupe et son écosystème. L’idée chez Kiabi était aussi de faire comprendre aux utilisateurs que chacun est responsable de ses données et décide de la façon de les partager ».

Un deuxième hackaton en gestation

Le groupe de mode est en effet très ouvert aux nouvelles idées, notamment en provenance de ses salariés. « C’est aussi une façon de désiloter une entreprise, poursuit Erwan Ganachaud. Car cette démarche « d'ouverture » n’est pas encore si répandue dans les entreprises ». Pourtant, il faut désormais avoir la capacité à transférer de la donnée pertinente au bon moment et quasi en temps réel entre services, BU et partenaires extérieurs. « Notamment dans le retail, un secteur très concurrentiel, mais très habitué à se renouveler et à se remettre en question. On voit d’ailleurs plusieurs grands groupes qui montent des API pour donner de plus en plus accès à leurs données, pour l’interne déjà, mais aussi pour l’externe. »

Ainsi, il serait plus simple de transformer une idée ou un concept métier en application quand le logiciel devient orchestrateur des processus métiers. Les développeurs deviendraient alors des pourvoyeurs d’innovation que l’entreprise ne soupçonne peut-être pas. D’ailleurs, au vu du succès de ce premier événement, un second hackaton est en gestation, cette fois en interne pour impliquer davantage les métiers, et voir comment on pourrait monnayer cette API…

* Siège de Kiabi dans le Nord : 1 000 personnes, dont plus de 200 à la DSI. Le groupe réalise un chiffre d'affaires annuel de 1,8 milliard d'euros, avec près de 9 000 salariés dans le monde.

Lire aussi sur Alliancy

Autres articles

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes

Bug de genre

La tech veut un autre leadership... sans renoncer à ses vieux réflexes 

L'essor de l'IA pousse les entreprises à revoir leurs attentes envers les managers techniques. Les compétences relationnelles, la diversité des équipes et l'autorité deviennent des leviers de performance autant que d'inclusion. Oui, mais...

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Chronique

Après les cryptoactifs, Ledger veut sécuriser l’action numérique à l’ère des agents IA

Au moment où l’intelligence artificielle réduit le coût des cyberattaques et multiplie les systèmes capables d’agir seuls, Ledger fait un pari : ne pas chercher à rendre l’agent infaillible, mais sécuriser son mandat, ses limites et le moment précis où une intention numérique devient un acte.

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

décryptage

Cyberattaque contre Hugging Face : comment OpenAI maîtrise son récit

L'intrusion menée par des agents IA d'OpenAI contre Hugging Face marque un tournant. Elle ne valide pourtant ni le récit d'une IA hors de contrôle, ni celui d'une cybersécurité devenue obsolète, tout en révélant un nouveau rapport de force autour des modèles de frontière. 

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne

IA souveraine

La France candidate pour accueillir une AI Gigafactory soutenue par l'Union européenne 

L'État se positionne pour accueillir une infrastructure de calcul dédiée à l'intelligence artificielle et s'engage à acheter 100 millions d'euros de capacités de calcul si un projet français est retenu. 

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Souveraineté des centre de données

Orange et Morrison veulent créer une coentreprise de data centers pour renforcer le cloud souverain européen

Les partenaires prévoient d’investir 3 milliards d’euros afin d’accompagner la croissance des besoins en cloud et en intelligence artificielle. 


Préférences de consentement