Chief Data Officer, place désormais à l’action et aux résultats

Le chief data officer, un métier qui monte dans les organisations. Mais des défis attendent ces CDO, qui doivent s’atteler à des mesures prioritaires. La première ? La gouvernance des données.

Publié et mis à jour le 16 septembre 20194 min de lecture
Chief Data Officer, place désormais à l’action et aux résultats

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Le chief data officer, un métier qui monte dans les organisations. Mais des défis attendent ces CDO, qui doivent s’atteler à des mesures prioritaires. La première ? La gouvernance des données.

Le CDO n’est plus seulement l’acronyme de chief digital officer. Depuis quelques années déjà, un CDO peut en cacher un autre, en l’occurrence le chief data officer ou directeur des données. Mais ce dernier est-il amené à s’ancrer aussi durablement dans les entreprises que le directeur du numérique (pourtant lui-même voué à disparaître à terme pour certains professionnels du digital) ?

59% d’entreprises emploient un chief data officer

L’importance croissante accordée à la valorisation des données, grâce notamment aux apports de l’intelligence artificielle, semble au contraire en faire aujourd’hui un profil pérenne et recherché. En tout cas par les grandes organisations.

Le baromètre « Chief Data Officer : de l’inspiration à l’action », piloté par l’EBG, Fifty-Five et Informatica, relève que la data est « aujourd’hui aussi cruciale que stratégique pour assurer le futur des entreprises. »

85% des professionnels interrogés considèrent ainsi les données comme « un levier de croissance déterminant pour les entreprises. » Un contexte qui encourage donc ces dernières à créer des postes de CDO, notamment en France.

D’après l’édition 2019 du baromètre, « 59% des répondants français comptent désormais un CDO ou équivalent dans leur entreprise. » Selon ce même indicateur, cette part était de seulement 23% en 2017. Il est vrai aussi que 88% des postes de CDO créés dans l’Hexagone ont moins de trois ans.

Ces chiffres ne sont pas les seuls à souligner la progression de la maturité des organisations en matière de données. Deux auparavant, c’est la démocratisation de la donnée à travers les différents services qui était cité comme l’objectif clé du CDO.

En 2019, priorité à la gouvernance des données, plus la culture

Deux ans plus tard, mesures concrètes et résultats sont attendus en priorité. Diffuser la culture data en interne apparaît désormais au troisième au rang des priorités du chief data officer (36,32%).

La mesure prioritaire attendue de celui-ci est en effet la mise en place d’une gouvernance des données (54,21%) : sécurité des données, cadre d’utilisation, qualité de la donnée, etc. La gouvernance est en effet un préalable à toute stratégie data et à l’industrialisation de produits data.

« Accéder à des données fiables et à jour implique de maîtriser le cycle de vie de la donnée, de sa captation à sa valorisation, en passant par sa production, son traitement ou sa conservation. Cette maîtrise constitue un enjeu majeur pour le ministère des Armées » écrivent à ce titre les auteurs du récent rapport consacré à l’IA dans la Défense.

Ce même document appelle à passer d’une gouvernance en silo à une « capacité transverse permettant l’échange de données entre systèmes référents et offrant une visibilité aux armées sur l’activité. »

Des datascientists trop juniors encore ?

Cette évolution n’est pas spécifique à l’armée. Selon le baromètre « Chief Data Officer », c’est même la seconde mesure prioritaire à 37,89%. Elle est cependant placée pratiquement au même niveau que l’acculturation, la conformité et l’omnicanalité. Preuve peut-être que l’autre CDO, le chief digital officer, a déjà nettement contribué à cette transversalité.

Les mesures prioritaires bien identifiées, y a plus qu’à, comme le veut la formule ? Oui, en comptant avec quelques obstacles. Ils ne sont pas nouveaux cependant. Ils sont même eux aussi assez transverses : difficultés à mener une politique de conduite du changement (54.21%); une gouvernance de donnée non structurée (50.53%); un manque de compétences en interne (32.11%).

En matière de ressources humaines, le baromètre note que les entreprises sont, dans une large majorité, confrontées à des difficultés de recrutement sur les profils data. C’est particulièrement vrai pour les spécialistes en data science et les profils hybrides, associant compétences métier et data.

L’étude l’explique principalement par des problèmes d’attractivité. Gafa et « autres acteurs de la nouvelle économie » opposeraient une attractivité bien supérieure. Et rivaliser ne serait pas simple. La seconde raison de ces difficultés serait à chercher du côté des formations, « très récentes » encore.

Les profils data sur le marché sont ainsi encore largement ceux de juniors, à qui fera donc défaut la connaissance métier, souvent indispensable pour des cas d’usage data impactants. Un rapide examen des profils LinkedIn des datascientists confirment la prépondérance des juniors.

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