hausse des tarifs

Comment STEF réduit sa dépendance aux grands éditeurs logiciels

Les spécialistes du Software Asset Management alertent sur l’envolée des coûts et les nouvelles politiques des grands éditeurs. STEF illustre les réponses pour renforcer la résilience numérique.

Publié et mis à jour le 30 mars 2026
3 min.
Comment STEF réduit sa dépendance aux grands éditeurs logiciels

"La période Covid a boosté la digitalisation des activités", rappelle Guillaume Geudin, directeur des pôles Performance achats au sein du cabinet spécialisé Elee. Elle a aussi favorisé le basculement vers le SaaS, notamment le passage des solutions on-premise de Microsoft vers Microsoft 365.

Depuis, « l’affaire » Broadcom - marquée par la hausse brutale des tarifs de VMware et l’imposition de bundles en lieu et place de solutions unitaires - a fragilisé les budgets des DSI, souvent contraints de sacrifier des projets pour absorber ces coûts.

Au-delà de ces deux acteurs, les grands éditeurs américains multiplient les hausses tarifaires et font évoluer leurs politiques commerciales vers davantage de bundlisation et de SaaS. Une tendance qui s’est renforcée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Plus critique encore, certains éditeurs ont déjà procédé à des coupures unilatérales de service.

« J’ai vécu cette situation en tant que DSI dans une autre entreprise », témoigne Christophe Leray, aujourd’hui DSI de STEF. « En tant que DSI, nous sommes en partie responsables de cette situation par nos décisions d’achat », ajoute-t-il.

Premières initiatives pour réduire la dépendance

« Entreprises, administrations et entités publiques ont réagi. Elles en sont souvent à une première étape : évaluer leur dépendance vis-à-vis de ces éditeurs, en priorité les plus importants », constate Guillaume Geudin.

Le sujet est désormais porté au niveau des comex et s’inscrit dans une réflexion plus large sur la souveraineté numérique. Christophe Leray préfère parler de résilience. « Le système d’information est un composant critique de notre activité, organisée en flux tendus. Nous avons intégré une analyse des risques liés à la dépendance numérique dans la matrice globale du groupe. »

Plusieurs leviers sont activés pour passer de la dépendance à la résilience. D’abord, diversifier les fournisseurs. Pour la gestion des identités, STEF a ainsi remplacé un outil vieillissant par une solution française, avec une localisation des données sur le territoire. « Un projet en cours de finalisation », précise Christophe Leray.

Cette stratégie reste complexe et ne se traduit pas immédiatement par des économies. « Lorsque l’entreprise réduit le nombre de licences, le prix unitaire augmente souvent, ce qui maintient la facture globale », souligne Guillaume Geudin. Les bundles, fréquemment imposés, limitent par ailleurs les marges de négociation. « Un éditeur a ainsi annoncé une hausse de 333 % », illustre Christophe Leray.

Changer de fournisseur implique parfois de maintenir deux outils pour une même fonction. « Cela peut être un choix pertinent à moyen terme pour renforcer la résilience, même si cela renchérit les coûts à court terme », poursuit-il.

La pression tarifaire reste forte. « Microsoft a annoncé des hausses de ses bundles comprises entre 5 % et 33 % à compter du 1er juillet 2026, ainsi que la fin des tarifs préférentiels sur les licences en volume dès novembre », indique Guillaume Geudin.

L’open source en alternative

L’open source apparaît comme une alternative crédible, au prix d’un investissement initial. Il présente aussi des avantages en matière de conformité réglementaire, notamment face à des lois extraterritoriales comme FISA.

« Les administrations n’auront pas le choix », estime Guillaume Geudin. Certaines ont déjà franchi le pas, à l’image de Toulouse Métropole, qui a migré vers Scaleway pour ses besoins cloud.

Pour autant, ces initiatives ne remplacent pas le rôle des grands éditeurs dans les systèmes d’information. « L’objectif est de réduire la dépendance, par exemple de 90 % à 70 % ou 60 % », précise Guillaume Geudin.

Cette évolution s’accompagne aussi de nouveaux modes de collaboration. Les DSI travaillent plus étroitement avec les directions juridiques et achats pour rééquilibrer les contrats. « Nous demandons notamment que le droit français s’applique », conclut Christophe Leray.

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