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Cyberattaque chez Crédit Mutuel Arkéa : des opérations frauduleuses, un incident “maîtrisé”

Le groupe bancaire breton a été victime d’une cyberattaque ayant permis des opérations frauduleuses. L’incident est “maîtrisé”, assure Arkéa, qui ne confirme pas les 118 millions d’euros évoqués.

Publié et mis à jour le 4 novembre 2026
3 min.
Cyberattaque chez Crédit Mutuel Arkéa : des opérations frauduleuses, un incident “maîtrisé”
FJaffres

Le Crédit Mutuel Arkéa a déclaré mercredi avoir été victime d’une “cyberattaque” ayant permis “la réalisation d’opérations frauduleuses”. La banque assure que l’incident est “aujourd’hui maîtrisé”. Basé au Relecq-Kerhuon (Finistère), près de Brest, le groupe réunit plusieurs filiales spécialisées ainsi que les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest du Crédit Mutuel. Dès la détection de l’attaque, les équipes se sont mobilisées et la décision a été prise, “par mesure de précaution”, de “suspendre temporairement certaines transactions afin de sécuriser les opérations et de prévenir tout nouveau mouvement frauduleux”, explique le groupe dans un communiqué. “Cet incident est clos et aujourd’hui maîtrisé. Les opérations sont en cours de reprise progressive au cours de la matinée, après que le groupe et ses filiales se sont assurés de vérifications et de la mise en place de mesures de sécurisation renforcées”, a précisé la banque en milieu de journée.

Le Crédit Mutuel Arkéa a tenu “à rassurer l’ensemble de ses clients” : “cet incident n’entraîne aucune conséquence sur leurs avoirs et a seulement entraîné une exécution différée de certaines opérations de virement”. Le groupe n’a pas confirmé le montant de 133 millions de dollars (118 millions d’euros) avancé par Le Télégramme, mais affirme que “les montants impactés par cette attaque, encore en cours d’évaluation, n’étaient (...) pas de nature à remettre en cause la solidité et la santé financière du groupe”. Membre de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), qui compte 19 fédérations, Arkéa conserve une large indépendance vis-à-vis de cet organe central. Le groupe a dégagé un bénéfice net de 230 millions d’euros au premier semestre.

Des fonds transférés vers des plateformes de cryptoactifs

Selon le quotidien breton, la fraude a été rendue publique par ZachXBT, enquêteur indépendant spécialisé dans le traçage de fonds sur les chaînes de blocs. D’après Grégory Raymond, journaliste spécialisé dont le message sur X est cité par le journal, les sommes auraient été sorties de la banque par des hackers, puis transférées vers de multiples comptes ouverts sur des plateformes d’échange de cryptoactifs. Arkéa n’a pas détaillé la méthode employée par les pirates. Faute de revendication à ce stade, impossible de dire s’il s’agit d’un simple vol ou d’une opération menée par des activistes. Conformément aux procédures usuelles, le groupe indique avoir informé les instances compétentes et de supervision.

L’attaque survient moins d’une semaine après le piratage du géant des cryptomonnaies Binance, qui estime à 6,3 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros) le montant des actifs affectés.

Pour Alexandre Dieulangard, directeur général et cofondateur de Citalid Cybersécurité, “le secteur financier en France fait partie des secteurs les mieux protégés”, car “ils sont ciblés depuis longtemps, ils ont appris des leçons au fur et à mesure”. “Justement, ce type d’incident montre à quel point le secteur bancaire est plutôt bien protégé, puisque les attaquants n’attaquent pas frontalement les systèmes informatiques (...) mais visent les procédures de validation en général”, ajoute-t-il.

Risque d’hameçonnage

Le groupe appelle néanmoins ses clients à la plus grande vigilance, car à la suite de cette cyberattaque, “des tentatives d’hameçonnage (phishing) sont possibles”. Arkéa n’a pas fait état de vol de données clients, mais ce type d’événement peut susciter une seconde vague d’arnaques, menée par des cybercriminels opportunistes qui exploitent l’inquiétude des clients sans forcément avoir de lien avec l’attaque initiale.

Touchée par de nombreuses fuites de données, la France figure parmi les pays les plus ciblés par les cyberattaques, en raison de l’attractivité de ses données mais aussi de certaines faiblesses de ses défenses, selon plusieurs rapports et experts. Les données volées sont souvent revendues sur le marché noir, puis utilisées pour des escroqueries.


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