Cybersécurité : L’InterCERT France plaide pour engager la responsabilité des éditeurs de logiciels

Mercredi 16 octobre, l’InterCERT a diffusé un communiqué, exigeant la possibilité d’engager la responsabilité des éditeurs et fournisseurs de logiciels. L’association condamne l’impunité de ces offreurs face aux dégâts causés par des systèmes défaillants.

Publié et mis à jour le 18 octobre 2024
1 min.
Cybersécurité : L’InterCERT France plaide pour engager la responsabilité des éditeurs de logiciels

Engager la responsabilité des éditeurs de logiciels

L’association des CERTs, l’InterCERT France, signe son coup de gueule contre les fournisseurs et les éditeurs, qu’elle tient pour responsables des dysfonctionnements cyber récurrents. L'objectif : rééquilibrer la relation entre les offreurs et les organisations clientes. Le collectif réclame la légifération de clauses de responsabilités et de pénalités à l’encontre des éditeurs et des fournisseurs, en cas de failles sécuritaires ou de bugs informatiques structurels et récurrents. La loi pourrait également réprimander l’inexistence, l’insuffisance ou l’inopérance des programmes correctifs.

Des cybermenaces internes

« La liste des fournisseurs de solutions de sécurité aux technologies obsolètes et souffrant de nombreuses vulnérabilités est longue ! », alerte Frédéric Le Bastard, président de l’InterCERT France. Failles de sécurité et portes dérobées, le matériel obsolescent est une véritable passoire sécuritaire. Les gestionnaires de crise réclament une validation des produits de sécurité par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) en France ou l’Office fédéral de la sécurité des technologies de l’information (BSI) en Allemagne.

Assurer une réponse corrective

“Mais, regrette Frédéric Le Bastard, lorsque surviennent incidents et crises, ils sont souvent aux abonnés absents.” Pour y remédier, dans les cas où les éditeurs et fournisseurs de logiciels ne proposent pas de programmes correctifs efficaces et rapides, l’InterCERT suggère l’utilisation des technologies et produits d'open source. La réactivité des communautés et leurs compétences d’identification des menaces séduisent les professionnels de la gestion de crise cyber. En contrepartie, ce revirement impliquerait la formation et le recrutement d’ingénieurs et d’administrateurs, déjà rares, à de nombreuses technologies. Reste que le coût de cette solution pèserait une fois de plus sur les organisations clientes victimes des frais de changement de fournisseur.

Autres articles

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

Chronique

La dépendance numérique se fabrique aussi dans les organigrammes

On parle d’infrastructures et de contrats quand on évoque la dépendance numérique. On parle moins des compétences qui permettent de les évaluer, de les challenger et, le cas échéant, d’en sortir. Or une organisation perd sa maîtrise numérique lorsqu’elle perd les personnes capables de juger ses choix.

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

Bureautique de l’État

La Cour des comptes pousse les ministères vers le libre

L’État a dépensé 100 M€ en 2025 pour sa bureautique, dont 80 % des licences chez Microsoft. La Cour des comptes réclame une bascule vers le libre en mode cloud d’ici trois à quatre ans.

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Défi d’un nouveau monde

Quand la donnée commerciale devient un enjeu de leadership pour le CDO

Le leadership du chief data officer se joue-t-il encore dans la construction des fondations data, ou dans sa capacité à transformer la donnée en levier de création de valeur pour l’IA ?

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes

Etude

Cybersécurité et souveraineté : le grand écart des entreprises européennes 

Une enquête de Kerys Software révèle un paradoxe : si la souveraineté technologique figure parmi leurs priorités, 81 % des entreprises interrogées s’appuient sur des solutions non européennes. 

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Interview

"L’enjeu principal de la deeptech est plutôt la liquidité du marché"

Kat Borlongan, membre du board de l’European Innovation Council (EIC) au sein de la Commission européenne, décrypte les difficultés des startups deeptech en Europe, et les signaux positifs.


Préférences de consentement